Eloïse Cordier, candidate sur la circonscription de Redon

Ça fait un petit moment que l’information apparaît sur ce blog sans que j’en parle vraiment. Une photo sur la colonne de droite de la page d’accueil, quelques allusions, des photos de gens qui courent avec des drapeaux. Il était donc plus que temps que je fasse un article rien que sur le sujet, comme je l’avais promis d’ailleurs.

Donc voilà, je suis suppléant à ces élections législatives, sur la circonscription de Redon. Au début, cela c’est fait un peu malgré moi, les camarades de la circonscription ne voulaient pas partir, et le comité fédéral d’Ille-et-Vilaine de l’UDB a tenu à ce que ce soit quelqu’un d’expérimenté, c’est donc tombé sur moi (mine de rien, c’est la troisième fois que je suis suppléant à des législatives, et j’ai été deux fois candidat à des cantonales).

Mais je dois dire que je maintenant, je ne regrette rien, car si partir pour des élections, c’est parfois difficile, c’est toujours une aventure humaine formidable. Cela a été pour moi l’occasion de faire la connaissance de personnes intéressantes, humainement et politiquement, Éloïse ma candidate en premier lieu, évidemment, mais pas uniquement (je pense par exemple à Fabrice, Thomas, Edwige).

Cette candidature est un peu particulière. Éloïse, ma candidate est issue de Breizhistance alors que suis membre de l’UDB. C’est une candidature présentée donc par Breizhistance et l’UDB, et soutenue par Europe Écologie Les Verts. Trois formations politiques différentes donc, mais aussi trois cultures différentes et trois façons de fonctionner différentes. Je peux vous dire que ça ne simplifie pas toujours les choses surtout quand vous êtes un peu chargé de faire la synthèse.

Mais au moins, même si les analyses diffèrent parfois, nous sommes d’accord sur ce que nous voulons. Que ce soit au niveau des question bretonnes, des questions sociales ou des questions écologiques, l’UDB et Breizhistance ont absolument les mêmes aspirations, et EELV partage la plupart d’entre-elles.

Donc voilà, au final ça donne une campagne riche et sympa, à laquelle je suis content de participer.

Je ne vais pas en dire plus, je vous invite simplement à visiter le blog de campagne http://eloise-cordier.bretagne-infos.eu/ et à consulter la profession de foi.

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Nous jugerons le nouveau gouvernement sur ses actes

Le premier gouvernement du quinquennat de François Hollande a été formé cette semaine. La principale chose que l’on peut dire à propos de ce gouvernement, c’est qu’il y a plein de nouvelles têtes, des gens qu’on ne connaît pas ou peu, des personnes pour qui c’est la première expérience gouvernementale. Et pour celles et ceux qui ont déjà fait partie d’un gouvernement, c’était en général à un portefeuille complètement différent. Il est donc difficile de dire précisément et objectivement si ce sera un bon gouvernement ou non. Nous n’avons en fait que des a priori, positifs ou négatifs. La seule chose que nous pouvons dire vraiment c’est que nous jugerons ce nouveau gouvernement sur ses actes.

Je me permets toutefois un petit passage en revue des nouveaux membres du gouvernement, tout au moins ceux sur qui je peux dire quelque chose.

Commençons par Jean-Marc Ayrault, considéré comme un bon maire de Nantes. Il est aussi connu pour être opposé à la réunification, sur ce point, ça ne changera donc pas par rapport à François Fillon. Jean-Marc Ayrault n’a aucune expérience ministérielle, il nous est donc impossible de savoir s’il sera ou non un bon Premier ministre.

Laurent Fabius est sans-doute le plus expérimenté, non seulement dans ce gouvernement, mais aussi parmi tous ceux qui étaient disponibles à gauche. Il était cependant plus habitué aux questions économiques, le voilà aux Affaires étrangères. On peut penser que vu le contexte actuel, en Europe et dans le monde, François Hollande ait estimé avoir besoin de quelqu’un de solide et au fait des questions économiques à ce poste.

Vincent Peillon à l’Éducation Nationale hérite d’un poste souvent difficile. Ses positions au sein du PS font qu’on peut avoir un a priori plutôt positif. C’est aussi un prof, de philo de surcroît. Je me dis qu’il a l’intelligence suffisante pour faire un bon ministre.

En 2002, j’ai voté pour Christine Taubira, notre nouvelle garde des Sceaux. C’est une autonomiste guyanaise qui avait à l’époque un magnifique programme mettant en avant la diversité. Vous comprendrez donc que je me réjouit de la voir entrer au gouvernement. Nous verrons bien si le ministère régalien qu’est celui de la Justice lui conviendra.

Pierre Moscovici avait été délégué aux affaires européennes sous Jospin, le voici ministre de l’Économie, des Finances et du Commerce extérieur. C’est un strauss-khanien, il ne faudra donc pas s’attendre à grand-chose de novateur.

Je ne connais pas Marisol Touraine. Son titre, ministre des Affaires sociales et de la Santé est tout à fait classique et n’appelle pas de commentaire particulier, si ce n’est qu’il s’agit là d’un retour à la normale après avoir vu la Santé avec le Sport sous Bachelot.

Cécile Duflot (le seul membre de ce gouvernement à qui j’ai déjà fait la bise) entre au gouvernement en tant que ministre de l’Égalité des territoires et du Logement. Être secrétaire générale des Verts puis d’EELV est loin d’être une sinécure et elle s’est très bien débrouillée, montrant ainsi son intelligence et ses capacités. Mais occuper un poste ministériel, c’est complètement différent. Je dirais que pour Cécile, c’est quitte ou double, soit elle s’avère une piètre ministre et elle partira rapidement du gouvernement pour disparaître progressivement de la vie politique, soit elle s’affirme et pourra espérer jouer un rôle important dans l’avenir. Nous pouvons en tout cas nous féliciter que les écologistes ne soient pas cantonnés à l’environnement, comme c’est souvent le cas. L’égalité des territoires et le logement sont de plus des domaines ou l’écologie politique a des choses intéressantes à dire et à faire, et peut amener une plus-value des plus intéressantes.

Manuel Valls, nouveau ministre de l’Intérieur, sera sans-doute celui que je surveillerai le plus attentivement. Après dix ans de droite dure qui ont vu se succéder des Guéant, Hortefeux ou Sarkozy à ce poste, la République a, je pense, besoin de renouer avec le respect des Droits Humains et de réhabiliter les forces de l’ordre dans leur rôle de service public. Or, beaucoup considèrent Manuel Valls comme quelqu’un de peu progressiste. Je pense que les militants droit-de-l’hommistes auront encore du pain sur la planche ces prochaines années et devront être vigilants et sans complaisance. A noter que Manuel Valls est d’origine catalane, né à Barcelone.

Je ne connais pas Nicole Bricq, la nouvelle ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. Mais Hervé Kempf en fait une présentation inquiétante sur son blog. Par contre, je constate que ce poste est souvent occupé par une femme. Je constate aussi, avec satisfaction, que les questions énergétiques déprendront à présent de ce ministère et non à celui de l’Industrie, qui s’appelle différemment maintenant.

Effectivement, il s’appelle à présent le ministère du Redressement productif et c’est Arnaud Montebourg qui en hérite. Connu pour être un promoteur de la VIème République et ardent défenseur de l’éthique en politique (on l’a vu notamment avec Chirac et Guérini), Arnaud Montebourg a tendance à me plaire même s’il a pu être parfois décevant.

Michel Sapin est un des rares à avoir un portefeuille ressemblant à ce qu’il a déjà assumé. Il a déjà été ministre de l’Économie et cette fois-ci devient ministre du Travail, de l’Emploi, et du Dialogue social.

Jean-Yves Le Drian devient ministre de la Défense. Il a été secrétaire d’État à la mer entre 1991 et 1992. C’est un proche de Hollande de longue date et il a été membre de la commission de la Défense à l’Assemblée Nationale pendant 10 ans, ce n’est donc pas une surprise de le voir à ce poste. Tout ce que je peux dire, c’est qu’il n’est pas un mauvais président de région. Toujours est-il qu’il y aura certainement bientôt un nouveau président de la Région Bretagne.

Aurélie Filippetti devient ministre de la Culture. C’est une ancienne adhérente des Verts, elle s’est opposée à la position du PS quant au nucléaire après Fukushima. Elle milite aussi pour la VIème République. Elle est aussi connue pour être contre HADOPI. J’ai donc un a priori positif, tout en essayant d’être le plus objectif possible car je trouve aussi que c’est une belle femme (que voulez-vous, je suis un esthète).

Je ne connais pas Geneviève Fioraso. Son titre, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche est tout à fait classique et n’appelle pas de commentaire particulier.

Najat Vallaud-Belkacem est une immigrée, née au Maroc. Il se trouve en fait qu’elle est amazigh et plus précisément rifaine (le Rif est une région montagneuse tout au nord du Maroc où l’on parle le rifain, un langue amazigh (les barbares diraient berbère)). Le fait de voir une ministre des Droits des femmes est une très bonne nouvelle, espérons que cela fasse changer les chose. Le fait de nommer une femme porte-parole du gouvernement est très bien aussi.

Stéphane Le Foll, le nouveau ministre de l’Agriculture est né au Mans, mais ses parents sont bretons. Lorsque François Hollande était secrétaire général du PS, il était son directeur de cabinet, et à ce titre, a facilité les relations entre le l’UDB et le PS. Nous savons donc qu’il est assez proche de nos idées. Il est titulaire, entre-autres, d’un BTS agricole et a enseigné l’économie dans un lycée agricole, ce n’est donc pas une surprise de la voir à ce poste. Par contre, je ne sais pas s’il est plutôt écologiste ou productiviste, nous verrons bien.

Marylise Lebranchu devient ministre de la Réforme de l’État, de la Décentralisation et de la Fonction publique. Le fait de voir une bretonne, vice-présidente du Conseil régional et ancienne maire d’une ville moyenne à ce poste est, je pense, une bonne nouvelle. Rappelons-nous qu’elle a été aussi garde des Sceaux sous Jospin, mettre quelqu’un de cette stature à ce poste est aussi un bon signe.

Victorin Lurel, ministre des Outre-mer, est guadeloupéen. C’est une bonne chose qu’il y ait un ministère des Outre-mer.

Je ne connais pas Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative. Le fait de voir une ministre chargé de l’éducation populaire et de vie associative me parait être une très bonne chose.

Je ne vais pas parler de tous les ministres délégués car il  y en plein que je ne connais pas et pour la plupart, il n’y a rien à dire sur l’intitulé de leur titre.

Il est intéressant de voir un ministre délégué à la Réussite éducative, nous verrons ce que George Pau-Langevin (que je ne connais pas) fera.

Bernard Cazeneuve est ministre délégué chargé des Affaires européennes. Heureusement qu’il n’a pas été nommé à un poste concernant l’énergie car c’est un pro-nucléaire notoire.

Benoît Hamon est nommé ministre délégué chargé de l’Économie sociale et solidaire. Je pense que c’est une bonne chose de voire un tel poste et de voir Benoît Hamon à ce poste. Rappelons que Benoît Hamon, même s’il est maintenant parisien, est brestois d’origine (plus précisément de Saint-Renan) et donc breton.

Pascal Canfin, ministre délégué chargé du Développement, est un économiste écologiste. Ancien collaborateur à Alternatives Économiques, député européen et proche d’Éva Joly. C’est une très bonne nouvelle de le voir à ce poste où il aura en charge, notamment, les relations Nord-Sud.

Frédéric Cuvillier, que je ne connais pas, est ministre délégué chargé des Transports et de l’Économie maritime. Peut-être est-ce là le ministère de la mer promis par François Hollande, décevant.

Fleur Pellerin est ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et de l’Économie numérique. Pendant la campagne des présidentielles et le débat sur HADOPI, nous avons deviné qu’elle plutôt proche des lobbys de l’industrie du disque. A surveiller donc, ça risque de fritter avec Filippetti.

Kader Arif est nommé ministre délégué chargé des Anciens combattants. Mettre un fils de Harkis à ce poste est, je trouve, un beau symbole.

Je remarque que dans ce gouvernement, il y a plusieurs personnes issues de l’immigration (première, deuxième et troisième génération), deux personnes de l’Outre-mer, et cinq personnes qui ont des liens avec la Bretagne. Ca change des gouvernement dominés par Neuilly et Paris.

Pour finir, je rappelle que tout cela n’est que des a priori, et que nous jugerons ce gouvernement sur ses actes.

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J’ai couru pour la Redadeg

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore la Redadeg, il s’agit d’une course (redadeg en breton) de relais qui fait le tour de la Bretagne et dont le but est de récolter de l’argent pour la langue bretonne (télécharger le pdf présentant les projets bénéficiaires). Le principe est que tout le monde est invité à acheter des kilomètres (100 € le kilomètre). Une fois le kilomètre acheté, on peut soit le courir, soit désigner quelqu’un pour la courir à sa place. Pour plus de précisions http://www.ar-redadeg.org/Presentation

La Redadeg est fortement inspirée de la Korrika au Pays Basque. Elle a lieu tout les deux ans. Cette année, il s’agissait de la troisième édition. Elle est partie de Brest le samedi 12 mai et va arriver à Douarnenez le samedi 19 mai. Elle a traversé l’Ille-et-Vilaine hier mardi 15 mai et j’y ai donc activement participé.

Avant de parler de mon « aventure », il est important de préciser que je ne suis absolument pas sportif. La dernière fois que j’ai mis des chaussures de sport pour courir, c’était en 1998 lors de mon service militaire. De nature gourmande, j’ai aussi tendance à prendre de l’embonpoint (vous pouvez d’ailleurs le vérifier sur la photo d’en-tête du blog). Aux deux éditions précédentes, j’avais réussi à y échapper, mais cette année, les circonstances ont fait que je n’ai pas pu faire autrement que de courir.

Bref, dire que j’ai souffert est un peu soft. En vrai, j’en ai chié. Et au moment où j’écris ces lignes, j’ai des courbatures sur l’intégralité de mes jambes.

J’ai convaincu ma mère d’acheter un kilomètre et mon neveu Lanig avait été désigné pour le courir, je pensais avoir bien manœuvré en l’envoyant au charbon à ma place, mais les mineurs doivent être accompagnés et être sous la responsabilité d’un adulte. Étant l’instigateur de la chose, ça ne pouvait être que moi.

L’UDB a acheté une quarantaine de kilomètres sur toute la Bretagne, dont deux sur le territoire de la circonscription de Redon. Étant suppléant aux législatives sur cette circonscription (promis, on reparle dans le prochain article), j’ai été tout naturellement désigné pour porter le témoin sur ces kilomètres.

Le kilomètre acheté par ma mère se trouvait à Rennes, au nord du centre-ville, un kilomètre tout en montée. Il s’est couru dans le milieu de l’après-midi. Lanig devant courir avec son école (Lanig est à Diwan) deux kilomètres après, nous avions décidé de continuer après avoir couru notre kilomètre. Cela faisait donc pour moi trois kilomètres d’affilée. Le premier s’est plutôt bien passé. Adeline venait de courir le kilomètre de la section UDB de Rennes nous a accompagnés. Eliane quant à elle, était venue pour nous encourager, ainsi que ma mère (normal, c’est elle qui a payé après tout). Les deux kilomètres suivant ont par contre été progressivement de plus en plus difficiles pour moi et j’ai fini par alterner course et marche (oui, je sais, je suis un tricheur).

Lanig, lui, n’était en rien fatigué, après avoir porté le témoin, il s’est mis à porter la banderole, puis s’est payé le luxe de courir avec une école qui n’était pas la sienne, puis avec son école : cinq kilomètres et à la fin, frais comme un gardon. Et j’imagine que cet après-midi, son entraînement de foot s’est passé sans problème.

Deuxième étape pour moi en soirée à Saint-Malo-de-Phily, j’avais invité ma candidate Éloïse à courir avec moi et des militants de Breizhistance (David, Fabrice, Thomas, Édouard et Maël) nous ont accompagné, plus les camarades UDB, Sabine et Gael, qui étaient dans l’organisation et qui sont descendus du camion pour courir avec nous. Au début, le kilomètre était parfaitement droit, nous avons eu l’honneur de passer la Vilaine, puis nous avons eu droit à un petit faux plat montant qui cassait pas mal les pattes. Ayant le témoin, j’étais tenu d’assurer, et sur la fin, ça m’a parut interminable.

Après avoir mangé avec les militants Breizhistance chez ma candidate et son copain, nous avons rallié Redon où nous devions courir notre dernier kilomètre, juste à l’entrée de la ville. Les camarades Breizhistance sont allés se préparer pour leur kilomètre pour Skoazell Vreizh à Saint-Nicolas-de-Redon et nous ont laissé Éloïse et moi avec notre kilomètre. Sabine et Gael, crevés, sont resté dans le camion. Heureusement que les trois qui avaient couru les kilomètres précédents nous ont accompagnés. Ce kilomètre qui entrait dès le début dans Redon, commençait par une petite montée et finissait parfaitement plat. Cette fois-ci, c’est Éloïse qui a porté le témoin. Je ne l’ai pas trop mal fini, mais j’aurais été bien incapable de continuer.

J’ai fini par suivre le cortège en voiture jusqu’au centre-ville en voiture. Oui, je sais, ça ne fait pas très glorieux, mais c’est comme ça.

Le retour s’est effectué dans la voiture de Valérie (qui elle, avait été dans la voiture de tête à donner les tee-shirts et les dernières consignes aux participants pendant toute l’après-midi) que j’avais conduit jusqu’à Redon avec une partie de l’équipe qui avait assuré l’organisation entre Rennes et Redon et à prédominance de militants UDB. On trouvait aussi Gilles qui pour les coureurs a été invisible mais qui pourtant tenait un rôle ô combien important puisqu’il conduisait le camion.

Voila, je finis cet article en remerciant toutes les personnes que j’ai citées dans cet article pour m’avoir accompagné dans cette aventure, et remercier une deuxième fois Gael pour les photos.

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Le Peuple breton du mois de mai 2012

Avec un peu de retard, voici, comme chaque mois, la présentation du dernier numéro du Peuple breton.

Ce numéro est sorti entre les deux tours de la présidentielle, il ne parle donc pas de la victoire de Hollande. La une (rendez-vous en bas de l’article pour lire ce que je pense de la couleur dominante de cette une) est consacrée aux élections présidentielles et législatives, mais met aussi en avant la Redadeg.

En invité du mois, Jacques Weber, économiste anthropologue propose une modification de la fiscalité prenant mieux en compte les problématiques écologiques. Sa réflexion est intéressante et ça mérite d’être creusé, on en reparlera peut-être.

L’édito de Mona Bras est une analyse du résultat du premier tour des présidentielles. Nous avons droit aussi à un article de Mona sur la différence de traitement des lycéens qui bénéficient d’un financement différent selon qu’il sont sont scolarisés à Paris (9300 € par lycéen) en banlieue parisienne (6320 €) ou en province (6800 €). Jean-Jacques Monnier analyse lui aussi rapidement les résultats du premier tour des présidentielles.

Vient par la suite la présentation de candidats aux législatives : Yann Syz sur Lorient, Marie Levrel sur Nantes-Carquefou, Valérie Coussinet sur Rennes-Monfort, Yann Quéméneur sur Nantes-Rezé, et sur Redon : Eloïse Cordier dont le suppléant est un certain Jef Monnier (on y reviendra).

Gael Briand revient sur les manifestations pour les langues régionales qui ont eu lieu le 31 mars à Toulouse (30000 participants) Quimper (12000) Bayonne (7000) Perpignan (6000)… Gael, toujours lui, présente les kilomètres achetés par l’UDB à l’occasion de la Redadeg. On y parle, par exemple, d’un certain Jef Monnier qui doit courir à Saint-Malo-de-Phily (là encore, on y reviendra).

Zofia Nehr nous livre un article (un peu trop scolaire à mon goût) sur les OGM. L’interview de Dominique Macé, militant du collectif OGM 35 est plus politique.

La rubrique La Bretagne de Brest à Nantes parle de la mobilisation contre la centrale à gaz dans le Finistère, le projet éolien offshore en baie de Saint-Brieuc dans les Côtes d’Armor, la grève victorieuse à l’usine Celtys dans le Morbihan, des difficultés de PSA en Ille-et-Vilaine et de la plus grande éolienne du monde au Carnet en Loire-Atlantique.

Avec la caricature de de Nono nous avons droit à la poitrine dénudée d’une personne dont nous avons beaucoup parlé ces temps-ci. Un autre personnage particulièrement connu se retrouve en caleçon. Mais je ne vous en dirai pas plus.

Le problème des boues de dragage et de leur relargage en mer fait l’objet d’une double page par Patrick D Morvan.

Dans sa chronique Leurre de Vérité, Yann Fiévet s’interroge, avec pessimisme, sur ce que fera le successeur de Sarkozy à l’Élysée.

Dans Pobl Vreizh, il est question du combat des Touareg, du journal Hor Bed, de Thierry Stiefvater candidat UDB aux légistatives.

La rubrique Histoire est l’occasion pour Jean-Jacques Monnier de parler de Gaston Sébilleau, ébéniste redonnais membre des Seiz-Breur et résistant pendant la seconde guerre mondiale.

Jean-Jacques nous présente ensuite Josiane Bescond et de son combat pour sauver une enfant rwandaise, sœur de son fils adoptif, lors du génocide en 1994.

Nil Caouissin nous livre un article sur la situation en Azawad, le Nord Mali où les Touareg tentent de mettre en place un état indépendant. Du fait de la présence des islamistes dans la région et de l’attitude pots-colonialiste de France, les choses sont loin d’être simples.

Pierre Fourel revient sur l’assemblée générale de l’Alliance libre européenne qui s’est tenue les 23 et 24 mars derniers à Ljouwert en Frise, l’occasion de présentation la situation actuelle de l’ALE.

Dans sa rubrique La Bretagne sur Internet, Alain Cedelle présente les sites de Sport Breizh Cyclisme www.sportbreizh.com, Vélo Bretagne marzina.free.fr, Kin-Ball Rennes kbar.kin-ball.fr et Nantes-Atlantique Kin-Ball www.kinball-nakc.com (le kin-ball est un sport bizarre avec un gros ballon, je n’en sais pas plus).

La rubrique Un jour avec … est consacrée à Joël Querellou, chercheur microbiologiste spécialisé dans les fonds marins et président du comité de soutien à la candidature d’Anne-Marie Kervern.

Les livres recensés ce mois-ci sont Ironie du destin de Yann Le Meur, Consolation des pierres de Mireille Le Liboux, Ne laisse pas la mer t’avaler d’Alain Jégou, Construire sa maison en commun des éditions Skol Vreizh, Valaida Snow d’Emmanuel Reuzé et Maël Rannou et Les Messagers du duc de Bretagne de Pierre-Emmanuel Marais. Le livre du mois est La désunion française d’Yvon Ollivier.

Les album recensés par Philippe Cousin sont Discover de Carlos Nuñez, Dermot Byrne & Floriane Blancke, Carrying the tune de Kevin Crawford, Line-up de Battefield Bad. Ceux recensés par Pierre Morvan sont Bleu d’océan de Maripol, La Caravane des rencontres de Breizh Amazir, Second souffle de Titom, Pell zo de Carré Manchot.

Enfin, Naig Le Gars revient sur le rapport d’actualisation de la politique linguistique du Conseil régional, qu’elle juge peu ambitieux.

Maintenant, pour finir cet article, en exclusivité mondiale, voici le nouveau logo du Peuple breton. En effet, il est apparu que la couleur fétiche sur PB était devenu le bleu, couleur dominante de la plupart des unes récentes, la dernière en date étant, à ce titre, tout à fait exemplaire. Il était donc tout à fait logique que le logo change, remplaçant ce rouge improbable par un bleu quand-même beaucoup plus seyant. Je profite de ce coup de gueule au second degré pour rappeler au rédacteur en chef du Peuple breton (que j’aime beaucoup par ailleurs) que la couleur traditionnelle de la gauche c’est le rouge, que la couleur de l’écologie c’est le vert, que la couleur de l’UDB c’est le jaune, et que les couleurs de la Bretagne (un prof de dessin vous dirait qu’il ne s’agit pas de couleurs) sont le noir et le blanc. Le bleu étant plus couramment utilisé par la droite.

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La démocratie commence à la sortie des bureaux de vote

Nos sociétés ont très souvent un vision bien étriquée de la démocratie. Celle-ci se limiterait en fait à la démocratie représentative. Les citoyens se contenteraient d’élire leurs représentants. Ceux-ci auraient, eux, toute légitimité pour gouverner comme ils l’entendent sans à se soucier des mouvements de désaccords, sans avoir le moindre compte à rendre avant l’échéance électorale suivante. Du coup, les manifestations, les pétitions et d’autres actions de protestation n’auraient aucun fondement car elles seraient l’expression d’une minorité contre les actions de personnes élues par la majorité.

Je rejette cette vision simpliste et réductrice de la démocratie. Pour moi, la démocratie a beaucoup plus de facettes que la simple démocratie représentative. Elle est bien plus riche et bien plus complexe.

Tout d’abord, je pense que la démocratie est une utopie, un idéal vers lequel il faut tendre. Et comme les toutes les utopies, la démocratie est à construire tous les jours. Ainsi, des politiques qui se contentent de se conformer au respect des urnes ne sont pas vraiment des démocrates. Un démocrate, c’est quelqu’un qui fait vivre la démocratie et la fait s’enrichir, se soucie de l’avis de chacun, respecte les contre-pouvoirs, défend les minorités et la diversité, recherche les consensus, tout en passant l’intérêt général avant les intérêts particuliers.

La démocratie, c’est aussi un ensemble de valeurs : la liberté, l’égalité, l’équité, la justice, le respect, la solidarité, la transparence. Ces valeurs ne sont pas définitivement acquises. Au contraire, elles sont mises à mal quotidiennement et doivent être défendues sans-cesse. C’est aussi dans la défense de ces valeurs fondamentales pour la démocratie que l’on reconnaît un démocrate.

J’ai commencé par écrire qu’il n’y avait pas que la démocratie démocratie représentative. Évidemment, il y a la démocratie direct et la démocratie participative ou délibérative, mais il n’y a pas que ça. Cela tient aussi à la relation entre les élus, les citoyens et la société civile.

J’aime beaucoup la démocratie directe. Mais par expérience, je sais qu’elle ne peut fonctionner qu’à petite échelle, donc au niveau infra-local. Je précise que je pratique la démocratie directe depuis pas mal de temps, notamment au sein du collectif de soutient au personnes sans papier. Une section de l’UDB (comme celle de Rennes), malgré le fait qu’il y ait un responsable de section, est aussi un lieu où la démocratie directe peut bien fonctionner, le responsable se contenant à un rôle d’animateur. Partout où elle est possible, je pense que la démocratie directe devrait être privilégiée, non pas en opposition à la démocratie représentative, mais plutôt en complémentarité.

Il en est de même avec la démocratie participative. Je suis favorable à la création de lieux de débats, des sortes d’agoras où chacun pourrait s’exprimer, s’informer, confronter son opinion avec celle des autres, participer à la mise en place de consensus. Ces lieux de débats devraient exister à tous les niveaux, pourraient être généralistes mais concerneraient surtout des sujets précis. Ils pourraient être permanent mais leur existence pourrait être limitée dans le temps. Nous pourrions aussi imaginer que certains de ces débats se concluraient par des référendum qui valideraient les conclusions de ces débats qui auraient du coup valeur de loi. En tous les cas, les élus auraient à tenir compte de ce qui sortirait de ces débats.

Mais la démocratie, ça passe aussi par l’action de la société civile. J’estime que ceux qui bougent, ceux qui se sentent impliqués, ceux qui participent activement à la vie de la société, on plus de légitimité pour s’exprimer que ceux qui ne font rien, ne disent rien. La fameuse majorité silencieuse, n’a donc pour moi que peu de légitimité. Les élus doivent écouter ceux qui sont confrontés quotidiennement aux problèmes sur le terrain, et qui ont réfléchi pour trouver des solutions.

Les élus doivent aussi tenir compte de l’avis des citoyens lorsque ceux-ci se manifestent, soit dans la rue, soit par le biais des pétitions. Les citoyens sont bien plus légitimes que les lobbys qui eux bénéficient souvent de l’oreille des élus. Et les citoyens peuvent se manifester, non pas seulement pour protester contre telle ou telle mesure, mais pour au contraire en réclamer ou bien pour appuyer certaines réformes décidées par les élus mais malmenées par l’administration. Les élus peuvent aussi s’appuyer sur la mobilisation des citoyens, il peuvent en tirer de la légitimité pour appliquer leurs politiques.

Mais tout cela n’est possible qu’a certaines conditions. Déjà, il faut rapprocher le pouvoir des citoyens. La proximité, cela veut dire plus de transparence, une démocratie directe plus souvent possible, des débats plus faciles à organiser. Cela veut dire aussi des élus plus proches, concrètement, des citoyens et de la société civile, et donc mieux à même de les écouter de de tenir compte de ce qu’ils ont à dire, mais aussi plus facilement abordables. Cela veut dire plus de légitimité pour le pouvoir dans les territoires puisqu’il s’agit d’élus et non de fonctionnaires.

Mais cela passe surtout par les citoyens. Comme je dis souvent, il n’y a pas de démocratie sans citoyens. Pour que la démocratie soit vivante, diverse, riche, il faut les gens puissent y participer, en un mot : être citoyens. Pour cela, il faut qu’ils en aient la capacité. Or tout est fait dans notre société de consommation pour que le rôle des gens se réduise à un rôle purement économique : travailleurs et consommateurs. Tout cela est bien entendu fait exprès pour ne pas être embêtés par les citoyens et pour pouvoir gouverner tranquilles.

Être démocrate, cela signifie donc permettre aux gens d’être de vrais citoyens. Cela passe par l’éducation, la formation, l’information. Évidemment, l’école est le premier lieu où cela doit se jouer. L’école n’est pas seulement là pour préparer les jeunes à la vie active, elle doit être là pour faire en sorte que les jeunes trouvent leur place dans la société, pensent par eux mêmes, s’intéressent à ce qui les concerne comme à ce qui ne les concerne pas forcément, deviennent des citoyens à part entière.

Mais les médias ont aussi une responsabilité énorme. Nombreux sont les programmes décérébrants qui n’encouragent pas à réfléchir. Bien sur, il existe des émissions particulièrement intéressantes, mais bien souvent elles passent en fin de soirée et seuls les convaincus les regardent. On me rétorquera que les médias passent avant tout ce que les gens souhaitent regarder et que les gens, lorsqu’ils allument la télé, souhaitent regarder des programmes qui vont leur permettre de décompresser. Ce n’est pas faux, mais je pense que tout le monde peut faire des efforts.

Les politiques et la société civile ont aussi leur rôle à jouer. Nous devons favoriser le développement de l’éducation populaire. Celle-ci jouera donc le même rôle que j’attends de l’école : permettre au gens de trouver leur place dans la société, de penser par eux mêmes, de s’intéresser à ce qui les concerne comme à ce qui ne les concerne pas forcément, de devenir des citoyens à part entière. On voit bien que cette éducation populaire rejoint parfaitement la démocratie participative, les deux sont complémentaires et totalement imbriquées.

Mais, comme je l’ai écrit plus haut, les gens sur leur temps libre, ont envie de décompresser, et certainement pas s’embêter à plonger dans des problèmes qui parfois les dépassent un peu. Et je les comprends parfaitement. La société dans laquelle nous vivons est particulièrement stressante et ne donne que peu de place à l’action collective.

Les défenseurs de la réduction du temps de travail, dont je fais partie, disent clairement qu’elle devra aussi aider les salariés à consacrer plus de leur temps à la vie associative, syndicale ou politique. La société, si elle se veut démocratique, se doit de donner du temps au gens pour leur permettre d’être pleinement des citoyens. Nous devons aussi agir sur les conditions de travail. Le travail abrutissant et avilissant doit être banni. Quelqu’un qui rentre de son boulot le soir à le droit d’avoir encore de l’énergie pour faire autre chose que de regarder des programmes débiles à la télé.

Maintenant, ayant écrit tout cela, je suis bien conscient que c’est loin d’être parfait. Mais comme je l’ai écrit, la démocratie est une utopie, elle se construit au fur et à mesure et tous ensemble.

Je pense que la période dans laquelle nous vivons est propice au franchissement d’une nouvelle étape de la construction de la démocratie. Je pense même que ce serait salutaire, dans le contexte de crise multiple actuel et quand on voit la montée de l’extrême-droite partout en Europe. Ensemble, devenons des citoyens à part entière.

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Dégage !

Pas mal de militants de gauche, écologistes ou breton que je côtoie n’ont pas envie de voter pour le candidat socialiste dimanche prochain. Je dois dire que je les comprend, tant le programme et le discours de François Hollande sont peu enthousiasmants. Le contexte actuel demande que nous prenions rapidement des décisions importantes et radicales qui nous permettrons peut-être d’éviter le mur dans lequel nous sommes en train de foncer. Difficile dans ces conditions de donner caution à quelqu’un qui n’a pas vraiment l’intention de changer de cap, mais au contraire tiens à utiliser toujours les mêmes vieilles recettes.

DégageSeulement voila, en face de Hollande, il y a bien pire. Il y a un individu sans scrupules qui a été prêt à toutes les compromissions pour devenir Président de la République. Arrivé à ses fins, ce sinistre personnage s’est cru être le roi. Arrogant, voir même insultant, il s’est vraiment tout permis, se permettant toutes les outrances, sans aucune considération pour ce que le peuple allait pouvoir penser de lui. Et cette arrogance a fait des émules. Grands patrons, hauts fonctionnaires, policiers, militants UMP, ils n’ont pas boudé leur plaisir et ont su en profiter pleinement.

Prétendant rassembler le peuple, il s’est au contraire acharné à le diviser. Pendant ces cinq ans, son titre de président des riches lui est allé comme un gant. Champion des promesses non tenues (et pourtant, la compétition est rude dans le milieu), aucun mensonge ne l’a étouffé.

La République irréprochable pourtant annoncée, n’a jamais existé. Malgré un parquet plus que jamais aux ordres, les affaires judiciaires éclaboussant les proches du pouvoir n’ont jamais été aussi nombreuses, surtout après seulement cinq ans. Les ministres qui sont allés trop loin ont été mis en retrait mais sont toujours là, dans l’ombre.

J’observe autour de moi et je vois que tout le monde est crevé. Ces cinq dernières années ont été particulièrement éreintante et démotivantes. Les attaques ont été nombreuses et maintes et maintes fois il a fallu se mobiliser. Seulement, les victoires ont été bien rares et chèrement payées.

Quelles que soient les revendications et les causes défendues, les militants ont été de plus en plus criminalisés et ont du se justifier devant les tribunaux. Et j’en sais un peu quelque chose car si je n’ai pas été moi-même attaqué, un certain nombre de mes compagnons de lutte l’on été. Même quand nous gagnons en justice, l’énergie dépensée à se défendre est importante et n’est pas dépensée plus utilement ailleurs.

Au niveau social, les syndicats ont à plusieurs reprises été moqués et ridiculisés. Le droit du travail a été patiemment détricoté. La réforme des retraites, pourtant inutile, contre-productive et injuste, a été imposée aux forceps. Parfois, nous nous sommes demandés si cela servait encore à quelque chose de manifester tellement nos gouvernants n’en avaient rien à faire.

En matière de Droits de l’Homme, combien de fois avons-nous cru toucher le fond ? Et combien de fois cette droite au pouvoir nous a détrompé en allant descendre encore et toujours plus bas ? Musulmans, Rroms, sans-papiers… les boucs émissaires ont clairement été identifiés. Les discours xénophobes totalement assumés se sont multipliés, et nous qui avons de la mémoire, nous nous sommes crus revenus un siècle en arrière et cela nous a fait peur.

Nous avons quand même eu droit à de beau discours. Le Grenelle de l’environnement allait imposer de nouvelles façons de faire et régler les problèmes, mais au final « l’écologie ça commence à bien faire ». Les lobbys ont rarement été aussi bien reçus à l’Élysée.

Le mille-feuilles territorial allait être simplifié, les territoires auraient enfin leur mot à dire, Nantes pourrait même revenir en Bretagne. Mais finalement, on a rajouté des feuilles au gâteau ; les marges de manœuvre des collectivités territoriales, pourtant réduites à la portion congrue, ont encore été rognées ; les inégalités entre les territoires se sont accrues.

Ce dont il faut être bien conscients, c’est que si le sortant se fait réélire, les cinq années qui viendront seront encore pires que celles qui viennent de passer. Parce que toutes cette arrogance et toutes ces outrances n’auront pas suffit à entraîner de déconvenues sérieuses, on pourra se permettre de déplacer le curseur encore un peu plus loin. Parce que le vote d’extrême-droite est revenu à son plus haut niveau, il faudra bien appâter tous ces électeurs. Parce que les régressions sociales sont déjà bien entamées, cela ne pourra aller qu’en s’empirant.

Alors, dans ces conditions, la question est celle là : sommes-nous en mesure de résister de nouveau à cette politique pendant encore cinq ans ? Et là je dis non. Non, nous n’en avons plus les moyens. Tout le monde est crevé, éreinté, démotivé. Lorsque les attaquent arriveront, fatalement, nous n’aurons pas la force de lancer les mobilisations qui de toute façon ne serviraient à rien tant le pouvoir se sentira tout-puissant. Les politiques d’austérité qui nous seront imposées aggraveront les effets de la crise que nous subirons de plein fouet.

Je redoute au plus haut point les prochaines manœuvres contre les Droits Humains. Je pense que les quelques protestations seront vites étouffées et que cela passera comme une lettre à la poste. Les médias seront plus que jamais mis au pas, aucun salut à espérer de ce coté là. Tout a été fait pour que les collectivités deviennent vite exsangues, il ne faudra pas compter sur elles non plus. La société civile, privée de toute subvention, vivra des jours difficiles et jouera sa survie.

Dans quel état seront nous si subissons encore cinq année de cette droite dure, je ne le sais pas et je souhaite ne jamais ne le savoir.

Voila pourquoi je voterai pour François Hollande dimanche prochain. Oui, je sais, ce n’est qu’un social démocrate qui préférera écouter les lobbys et se contenter d’une gestion sociale du libéralisme plutôt que de se lancer dans des politiques inédites. Mais si le PS est souvent hégémonique et parfois arrogant, c’est sans commune mesure avec l’UMP. Les gens du PS sont au contact de la population et des autres militants du gauche et de la société civile, nous pouvons avoir prise sur eux. Ils dépendent de leur électorat, et ils savent que s’ils veulent être réélus en 2017, ils auront intérêt à gouverner différemment que ce qu’ils ont fait précédemment. Oui, je sais, nous sommes crevé et faire pression sur le PS sera difficile, mais je pense que nous sommes quand-même capables de le faire plier. Il suffit simplement de se remotiver.

Alors oui, dimanche prochain, je saurai clairement ce qu’il faudra faire, et à celui que je n’ai pas nommé dans cet article, je lui dirai : Dégage !

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Björk, artiste géniale

Bon, pour détendre un peu l’atmosphère, voici quelques vidéos (désolé, c’est du flash, j’aurais préféré publier tout ça en webm, mais je n’y arrive pas) d’une chanteuse que j’adore. Développant une tel énergie et un tel enthousiasme, capable de se faire accompagne par à peu près n’importe quoi, du plus électrique au plus acoustique, Björk est tout simplement inimitable.

Et comme il est difficile pour moi de faire un article sans parler de politique, je rappellerai simplement que Björk est une amie et admiratrice d’Eva Joly.

Donc, voilà, c’est parti, on commence par le Debut (le titre de son premier album) et Human Behaviour, le clip qui m’a fait la connaître (c’était en 1993)

Big time sensuality (Debut)

It’s oh so quiet de l’album Post en 1995, et oui, Björk est aussi une chanteuse de jazz (ce qui n’est pas pour me déplaire)

Maintenant, passons à l’album Homogenic avec All is full of love (1999)

Hidden Place de l’album Vespertine en 2001

Et parce que toutes bonnes choses ont une fin, pour finir, une petite perle qu’une amie m’a fait découvrir (merci Valérie), une interprétation toute particulière de Who is it (issu de l’album Medula en 2004)

Les clips de Björk sont particulièrement nombreux, il n’est pas dit que je ne vous en fasse pas de nouveau profiter plus tard. En attendant, vous pouvez aller fouiller sur Youtube http://www.youtube.com/user/bjorkdotcom

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Présidentielles : des raisons d’avoir peur

Si l’enjeu principal de cette élection reste de virer Sarkozy, plusieurs enseignements sont à tirer des résultats du premier tour, et ils sont quasiment tout inquiétants pour l’avenir à moyen terme.

Photo sous licence Creative Commons, auteur Marie-Lan Nguyen

Évidemment, ce qui saute aux yeux, c’est le résultat de Marine Le Pen : 17,9 %, 6,4 millions de voix, cela fait un million d’électeurs de plus qu’en 2002 pour l’extrême-droite. C’est la confirmation de ce que nous savions déjà : le mauvais résultat de Jean-Marie Le Pen en 2007 n’était qu’une parenthèse, Nicolas Sarkozy ayant alors momentanément réussi à récupérer les voix de l’extrême-droite. Les élections qui avaient eu lieu depuis nous laissaient déjà penser que la parenthèse était fermée. Il va falloir l’intégrer : le vote d’extrême-droite est maintenant bien établi en France autour des 20 % du corps électoral, et c’est quelque chose de durable. Je ne m’étendrai pas sur les raisons de ce vote car cela mériterait un article entier.

A coté de ce vote d’extrême-droite, malgré un mauvais bilan, une mauvaise campagne, une multiplication des affaires judiciaires, le vote sarkozyste reste important à 27,18 %. La droite dure, nationaliste et assumée représente donc en France 46,87 % du corps électoral : en gros, presque la majorité (j’ai rajouté les voix de Nicolas Dupont-Aignan).

En cas de défaite de Nicolas Sarkozy, l’UMP risque de se retrouver dans une situation des plus difficiles. La gauche sera présente à l’Élysée et au gouvernement. Elle sera majoritaire à l’Assemblée Nationale et au Sénat, ainsi que dans la quasi-totalité des régions, la majorité des départements et dans la plupart des grandes villes. Sans le leadership de Nicolas Sarkozy, l’UMP va se retrouver fortement divisée. François Fillon et Jean-François Copé se battront pour avoir la main-mise sur le parti. Les chiraquiens et les centristes reprendront du poil de la bête et seront même tentés de partir.

Pour le militant de gauche que je suis, tout cela serait évidemment une bonne nouvelle s’il n’y avait pas ce Front National. La volonté de Marine Le Pen, c’est d’accéder à la normalisation, c’est à dire de pouvoir faire des alliances avec d’autres formations politiques et d’arriver ainsi au pouvoir (elle est lucide, elle sait que seule, elle n’y arrivera pas).

Grâce à l’œuvre de banalisation des thèses d’extrême-droite menée par les Buisson, Guéant, Besson, Hortefeux… le FN ne sera bientôt plus qu’un parti comme un autre avec lequel l’UMP pourra s’allier impunément. Avec les 46,87 % qu’une telle alliance pourrait dès aujourd’hui obtenir, il y a de quoi frémir. Le fait de voir un jour des ministres d’extrême-droite en France n’est plus quelque chose d’impossible.

Avec ses 9,13 %, François Bayrou s’est pris une claque. Il n’est plus le troisième homme qu’il était en 2007. Dans cette situation, on voit mal comme il pourrait réussir à fédérer autour de lui. Avec le Modem, le Parti Radical et le Nouveau Centre, on peut penser que le centre droit restera durablement morcelé. Dans le contexte décrit plus haut, une droite modérée aurait pourtant été salutaire.

Photo sous licence Creative Commons, auteur Marie-Lan Nguyen

Contrairement à ce qui était annoncé, contrairement à sa bonne campagne, Jean-Luc Mélenchon n’a fait que 11,11 %. Si l’on additionne les voix de Philippe Poutou et Nathalie Arthaud, on obtient 12,82 %. Or, depuis 1988, les votes de la gauche de la gauche ont toujours tourné autour des 11-13 % (7,68 % en 2007 effet 2002 ; 13,81 % en 2002 ; 13,95 % en 1995 ; 11,23 % en 1988) Ce résultat n’a donc absolument rien d’extraordinaire, un candidat a simplement siphonné les voix de ses camarades, et ça le PS le sait. De tels niveaux ne l’ont jamais empêché de gérer comme il l’entendais et le résultat de Jean-Luc Mélenchon n’y changera rien.

Le candidat du Front de Gauche a trusté toutes les voix de la gauche de la gauche, il a quand même pris de l’importance dans le jeu politique. Or la personnalité de Jean-Luc Mélenchon a de quoi inquiéter. Il s’agit d’un pur jacobin, un ancien lambertiste (ce qu’on fait de mieux comme sectaire à gauche). Pour lui, en dehors de l’État-nation, point de salut. Je ne crois pas qu’il a l’état d’esprit qu’il faut pour dépasser le clivage dans lequel il s’est enfermé, pour former les alliances qui pourraient faire basculer les choses, pour faire face aux enjeux du XXIème siècle.

Le résultat d’Eva Joly a été malheureusement conforme à ce qu’avaient annoncé les sondages. Avec 2,31 % l’écologie politique n’est pas tombée au plus bas (en 2007 c’était pire) mais presque. Or nous savons très bien ce qui se passe lorsque l’écologie politique fait de mauvais résultats. Les beaux discours, le marketing écolo, ça ne coûte pas cher. Mais quand l’heure est aux choix difficiles, quand les lobbys sont à l’œuvre, l’écologie passe toujours à la trappe (« l’écologie, ça commence à bien faire » comme dirait l’autre). D’ailleurs, nous connaissons les tiédeurs de François Hollande concernant l’écologie. Le risque de voir cinq ans de plus de perdus sur les questions environnementales est plus que patent.

Seulement, les changements climatiques, la raréfaction des ressources fossiles, les dangers du nucléaire, la baisse de la biodiversité, les problèmes de santé croissants, la baisse de la qualité des sols et des eaux… eux, n’attendent pas. De vaguement lointains, ils commencent à devenir urgents. De simples potentialités, ils deviennent des réalités. Et dans les années qui viennent, il vont devenir de sérieux soucis pour l’humanité. Ne pas s’en préoccuper ne fera qu’empirer les choses.

Une extrême-droite plus forte que jamais et aux portes du pouvoir, les périls environnementaux de plus en plus prégnants et pourtant totalement ignorés, une gauche de la gauche enfermée dans les modèles du passé, une sociale-démocratie qui a toujours été tentée par la gestion pépère quitte à perdre les élections suivantes. Au vu des résultats de ces élections, les raisons d’avoir peur sont nombreuses. Personnellement, je ne fait pas de la politique pour me résigner et laisser les choses se faire sans réagir.

Alors, que faire ? Et bien continuer à militer avec encore plus d’acharnement.

Tout d’abord combattre l’extrême-droite. A mon avis, il y deux phénomènes qui ont contribué à la place qu’occupe le FN actuellement : d’une part la crise économique accentuée par l’injustice sociale, d’autre part la banalisation des thèses xénophobes et racistes. Un de ces phénomènes seul n’aurait pas suffit. Pour moi, c’est la conjugaison des deux qui a permit la monté du FN. Mais si nous voulons combattre l’extrême-droite, il va falloir agir sur les deux tableaux.

Combattre la crise et repousser l’injustice sociale, certainement pas par l’austérité qui ne peut qu’empirer les choses. La seule façon de lutter contre le chômage, c’est de créer de l’emploi, massivement. Réhabiliter le service public car il est source de cohésion, de solidarité. Avoir une vraie politique du logement, réhabiliter l’ancien, ne pas construire le neuf n’importe comment. Adapter l’économie aux enjeux du XXIème siècle et miser sur la qualité, la durée et le local. Les solutions existent, il suffit d’avoir le courage de les mettre en œuvre.

Rappeler les danger de l’extrême-droite. Là nous devons faire de la pédagogie, inlassablement. Cela prendra énormément de temps et nous coûtera beaucoup d’énergie, mais il n’y a que comme ça que nous réussiront à convaincre. Comme je dis souvent : le racisme, on sait comment ça commence, malheureusement on sait aussi comment ça fini. Il faut rappeler les heures les plus sombres de l’humanité, rappeler qu’elles ont commencé par des choses anodines, qu’elles se sont développées sur un terreau similaire au contexte actuel. Il faut surtout rappeler jusqu’où de telles idées mènent invariablement, quitte à faire trash et à choquer.

Ceux qui dans les années 30 traitaient les juifs de "youpins" ne pensaient pas forcément à la solution finale, n'empêche, ils y ont contribué

Nous devons aussi condamner toute entre ce qui est encore aujourd’hui l’UMP et l’extrême droite. Aucune exception ne doit être faite. Un politique qui fait alliance avec l’extrême-droite ne peut plus être considéré comme un démocrate, toute personne mettant en avant des thèses xénophobes ou racistes ne peut plus être considérée comme un démocrate. Ces personnes devront être mises à l’écart par le reste de la classe politique, et nous militant droit-de-l’hommistes, nous devrons veiller à ce qu’il en soit ainsi. Nous devrons faire en sorte que leurs électeurs ne puissent se cacher derrière une pseudo normalisation, ils devront au contraire assumer le fait de voter pour des gens qui ne sont pas des démocrates.

Faire barrage à l’extrême-droite, cela passe aussi par les contre-pouvoirs. Or en France, il n’y en a aucun. Il nous faut une véritable séparation des pouvoirs avec une justice indépendante et un parlement fort. Nous devons aussi donner du pouvoir à nos territoires et y instaurer, enfin, la démocratie (voir La République absolutiste). Évidemment, dans le contexte actuel où l’extrême droite peut dès maintenant prendre le pouvoir dans certains endroits, nous avons besoin de garde-fous républicains, mais ces garde-fous ne doivent pas être assumés par l’exécutif seul.

Si des militants du centre droit lisent ces lignes, dites-vous bien qu’en temps normal, les militants de gauches préféreraient voir un centre droit toujours autant atomisé, mais que face au risque de voir une alliance entre la droite dure et l’extrême-droite, nous avons tous besoin d’avoir une droite modérée forte et unie qui fasse barrage. Alors, mettez vos querelles personnelles dans vos poches et unissez-vous. C’est dans l’intérêt de tout le monde.

L’écologie politique a échoué dans les urnes, il ne nous reste plus que la rue. Les enjeux environnementaux ne nous laissent pas le choix : nous sommes obligés d’agir. Alors, quoi qu’il en coûte, nous agirons. Sur tous les fronts, nous montrerons les impasses du système. Nous mettrons en avant les solutions et tâcherons de les appliquer à nos humbles niveaux. Partout où nous serons, dans la rue, sur Internet, dans les assemblées d’élus, dans la société civile, nous nous mobiliserons pour que les changements nécessaires se fassent. Cela va encore nous coûter de l’énergie et du temps, mais je le répète, nous n’avons pas le choix.

Si des militants du Front de Gauche lisent ces lignes, même si votre résultat ne sera pas suffisant pour faire plier le PS, vous avez enfin réussi a réunir vos forces, ce qui est une bonne chose. Seulement, les idées que vous avez mises en avant pendant cette campagne ressemblent trop à celles du passé. Les enjeux du XXIème siècle ne sont plus ceux du XIXème siècle et du XXème siècle. Les solutions, elles aussi, doivent être différentes. Même de gauche, le productivisme est plus un problème qu’une solution et je vous invite à l’abandonner complètement et définitivement. Dites-vous aussi que la gauche de la gauche, telle qu’elle existe, aujourd’hui ne pèse pas plus de 15 % et ne pourra jamais changer à elle seule la société. Il vous faudra forcément travailler avec les autres, tous ceux qui comme vous veulent changer les choses. Mais pour cela, vous devrez vous débarrasser de certains dogmatisme inutiles et poussiéreux qui vous enferment. Je sais que certains d’entre vous sont d’accord avec mes positions, alors je vous invite à sauter le pas, quitte à froisser Jean-Luc Mélenchon.

Si des militants du PS lisent ces lignes, évidemment nous allons tous nous rallier à François Hollande pour ce deuxième tour (à part quelques inconscient qui aiment le risque). Mais dites-vous bien que ce ne sera pas forcément avec beaucoup d’enthousiasme. Voter Hollande est pour nous la seule solution de virer Sarkozy et de l’empêcher de continuer son œuvre destructrice, alors nous ferons de que nous avons à faire. Dites-vous aussi que la démocratie ne s’arrête pas à la sortie des bureaux de vote, alors ne comptez pas sur nous pour vous laisser gérer tranquillement sans rien faire. Nous allons au contraire vous rappeler sans cesse que « le changement, c’est maintenant ». Nous avons une crise à combattre (et non pas seulement gérer), une extrême droite à arrêter, des enjeux environnementaux auxquels nous devons faire face. Hors de question non plus de laisser la gauche perdre les élections en 2017, alors hors de question que vous nous fassiez votre politique habituelle, plus question de simplement gérer socialement le libéralisme : le changement, c’est maintenant (vous voyez, je commence).

Je sais que le quinquennat de Sarkozy a été éprouvant et démotivant pour tout le monde, mais les prochaines années, nous allons devoir nous mobiliser comme nous ne l’avons jamais fait auparavant. Nous n’avons pas le choix, tout simplement.

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La République absolutiste

Nous sommes souvent tentés de qualifier l’actuel pouvoir étatique français de monarchie : Personnalisation de la vie politique lors des élections présidentielles, exécutif totalement dépendant du bon vouloir du président, corps préfectoral parquet et hauts fonctionnaires directement aux ordres de l’exécutif, parlement dont le rôle est réduit à celui d’une simple chambre d’enregistrement, collectivités territoriales sans réel pouvoir politique et financier, quasi absence de contre pouvoirs. Tout cela nous donne évidemment l’impression d’un pouvoir d’un monarque tout puissant.

Cependant, souvenons nous de Laurent Joffrin rembarré par Sarkozy sur cette question (désolé, c’est du flash). Pour une fois, je suis d’accord avec ce dernier. La monarchie implique, par définition, une transmission par hérédité et le pouvoir à vie. En France, il ne s’agit pas de cela. Le président de la république est élu démocratiquement au suffrage universel. Il n’y a pas eu de dynastie de présidents de la république (contrairement à la Corée du Nord). Le mandat est fixé à l’avance (au début 7 ans, à présent 5 ans) et la plus longue durée de présence à l’Elysée n’a jamais dépassé les 14 ans (deux septennats). Nous sommes bien dans les caractéristiques d’une république et non celles d’une monarchie.

A contrario, nous pouvons observer des monarchies en Europe, avec un vrai monarque considéré comme étant le chef de l’État (même si en général il n’ont quasiment pas de pouvoir politique). Bien souvent, dans ces pays il existe un réel équilibre dans l’exercice du pouvoir. Ainsi, penser que la concentration du pouvoir dans les mains d’une seule personne serait une caractéristique de la monarchie se révèle être une erreur.

Lorsque l’on étudie un peu l’histoire de la France, on se rend compte qu’avant 1792 elle a toujours été une monarchie. Mais on se rend compte aussi que le pouvoir n’a toujours été forcément entre le mains du seul roi de France. Les derniers mérovingiens perdent peu à peu le pouvoir, au profit des carolingiens. Les premiers capétiens ne maîtrisent qu’un tout petit domaine, partout ailleurs règne la féodalité. Ce n’est vraiment qu’à l’issue du Moyen age, à partir de François Ier que les capétiens peuvent se prévaloir de dominer sur le royaume de France. Et l’aboutissement de cette construction d’un État français centralisé, c’est l’absolutisme, dont le représentant le plus évident est Louis XIV. C’est d’ailleurs ce dernier qui inventa ceux qui allaient devenir par la suite les préfets : les intendants.

Louis XIV, le champion de l'absolutisme monarchique

Louis XIV, le champion de l'absolutisme monarchique

Un des enjeux de la Révolution française a justement été de savoir si le pouvoir devait continuer à être centralisé ou s’il devait devenir fédéral. Et ce sont, au final, les tenants du centralisme, les jacobins, qui ont eu gain de cause. Avouez quand-même que pour des gens qui se disaient révolutionnaires et républicains, faire perdurer l’œuvre des rois capétiens est sacrément un comble ! L’ont-ils fait sciemment ou étaient-ils aveuglés par leur idéologie ?

Vint ensuite Napoléon Bonaparte, qui, en vrai dictateur, repris à son compte cet absolutisme. Remettant au goût du jour les intendants en les transformant en préfets. Les rois et empereur qui suivirent ne remirent évidemment pas en cause cet absolutisme si arrangeant pour eux.

Mais c’est bel et bien la IIIème République qui a loupé le coche. Elle aurait pu, en effet, être une rupture avec le passé et devenir un état fédéral. Au contraire, elle préféra même imposer au peuple la langue des capétiens (devenue la langue des élites) au détriment des différents langues et dialectes que ce peuple avait peu à peu lui-même construit, quitte à mépriser ce peuple, l’humilier et détruire ses richesses culturelles. En cela, Jean-Luc Mélanchon, en bon jacobin et opposant des langues régionales qu’il est, est le digne héritier de François Ier et de son Édit de Villiers-Cotterets.

Vichy, loin d’être une malheureuse parenthèse dans l’Histoire de France, fut au contraire dans la lignée de cette traditions absolutiste. Après l’expérience ratée d’une constitution parlementaire sous la IVème République, l’absolutisme revint en force avec la Vème République du Général De Gaulle. François Mitterrand, malgré ses promesses, trouva cet absolutisme confortable et ne changea que si peu. Jacques Chirac par la suite, avec la complicité active de Lionel Jospin, renforça encore la tendance, notamment avec le quinquennat et surtout avec l’inversion du calendrier électoral : les législatives se trouvant après les présidentielles, l’Assemblée Nationale se retrouve alors totalement à la botte de l’exécutif.

Nicolas Sarkozy, le champion de l'absolutisme républicain

Nicolas Sarkozy, le champion de l'absolutisme républicain (photo sous licence creative commons, auteur : Wilson Dias/Abr)

Nicolas Sarkozy, par ses pratiques, est allé jusqu’au bout de la logique, rendant la situation tellement flagrante que nombreux sont ceux qui se sont cru, à tord nous l’avons vu, sous une monarchie. Pourtant, Sarkozy n’a pratiquement pas changé ces institutions qui lui ont permis un tel étalage de pouvoir : Un exécutif tout puissant et totalement centré sur la seule personne élue au suffrage universel par tous les électeurs ; un parlement qui n’a pas les moyens d’être autre chose qu’une simple chambre d’enregistrement ; une justice relativement bien neutralisée par un parquet dépendant de l’exécutif (Sarkozy ayant quand-même essayé de supprimer ces foutus juges d’instruction, derniers grains de sable dans cette machine parfaite) ; des collectivités territoriales sans réel pouvoir politique et au budget ridicule. Seuls le Conseil d’État et le Conseil Constitutionnel peuvent parfois jouer un rôle de contre-pouvoir, et encore, ils sont eux aussi dépendants du Président de la République. Et le Conseil Constitutionnel est aujourd’hui disqualifié puisque l’on sait qu’en 1995, il a validé des comptes de campagne (ceux de Chirac et Balladur) qui n’auraient jamais du l’être, finalement, à quoi sert-il ?

Il est fort probable que nous aurons bientôt un nouveau président (la preuve qu’il ne s’agit pas d’une monarchie) en la personne de François Hollande. Que fera-t-il ? Sera-t-il le digne successeur de François Mitterrand et se contentera-t-il de simples aménagement cosmétiques ? Ou bien aura-t-il le courage de mettre fin à cette tradition absolutiste que la France subit depuis, on peut le dire, à peu près cinq siècles ?

Pour ma part, je milite pour une VIème République. Une République consacrant enfin une véritable séparation des pouvoirs. Une République où le chef de l’État et le chef de l’exécutif seront des personnes différentes (comme cela se passe dans la plupart des pays européens). Une République qui soit une véritable démocratie, y compris dans les territoires, où ce seront les élus qui auront le pouvoir politique (et non d’obscurs fonctionnaires ne rendant de comptes qu’à Paris, comme c’est le cas aujourd’hui).

Non à la république absolutiste, oui à une république parlementaire et fédérale.

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Eva, évidemment

Pour celles et ceux qui visitent ce blog ou me suivent sur les réseaux sociaux ce n’est pas un scoop : je soutient Eva Joly. Il fallait bien quand-même que je lui consacre un article.

Ce soutien de ma part ne date pas d’hier. Avant que l’UDB ne décide de la soutenir, j’ai milité en interne pour cette décision. Le discours qu’elle a prononcé à l’université d’été de R&PS à Mouans-Sartoux a été particulièrement marquant dans ma vie de militant, mais avant cet événement j’étais déjà prêt a la soutenir. Même si je n’ai pas participé aux primaires des écologistes, ma préférence lui revenait nettement (mais c’était aussi parce que je ne voyais pas du tout Hulot en défenseur de l’écologie politique). En fait, je pense que ce soutient date des journées d’été des Verts à Nantes en août 2010.

Eva Joly à Mouans-Sartoux

Pourquoi ce soutien ? En premier lieu pour ses qualités humaines.

Tout d’abord parce qu’elle me parait quelqu’un de sincère. La sincérité est une qualité particulièrement rare en politique, et pour cause, cette qualité est en fait un défaut en politique. Il est en effet plus payant de dire ce que les gens veulent entendre plutôt que la réalité, ça passe toujours mieux. Pourtant, je pense que c’est en étant sincère, en disant clairement la vérité, qu’on arrivera à changer les choses. S’il y a une façon de faire la politique autrement, à mon avis, elle passe par la sincérité.

Ensuite, parce qu’elle est une personne chaleureuse. Ses proches le disent tous, c’est dans le contact humain qu’Eva Joly excelle, si elle pouvait rencontrer tous les français elle gagnerait les élections. Je n’ai vraiment rencontré Eva Joly qu’une seule fois, il n’y a pas eu de paroles d’échangées, juste un regard et un sourire. Un vrai sourire, sincère (on y revient) et chaleureux. Pas celui faux et dérageant que Ségolène Royal n’a cessé d’arborer pendant sa campagne de 2007. Ce simple sourire mais sans-doute autant marqué que le discours qu’elle avait prononcé quelques heures auparavant.

Parmi ces qualités humaines, il y a bien sur le courage. Voila quelque chose que personne ne pourra lui dénier. Le courage, elle n’en a jamais manqué quand elle était juge d’instruction. Du courage, il lui en a fallu lors de cette galère électorale. Fidèles à leur habitudes, les Verts se sont empressés de lui jeter des bâtons dans les roues sitôt l’avoir désignée candidate. Les médias et la classe politique traditionnels la détestent, voyant en elle (à raison, je pense) une grande gueule emmerdante. Rien ne lui a été épargné durant cette campagne. Certes, elle a commis quelques erreurs (qui n’en fait pas) mais aucun cadeau ne lui a été accordé, et elle en a, à chaque fois, payé le prix fort. Et pourtant, elle est toujours là, et elle continue à dire ce qu’elle à dire, se payant même le luxe de s’attaquer à tout le monde (Sarko, Mélanchon, Hollande, Le Pen) à la fois. Tel un boxeur au douzième round, elle s’en est pris plein la tronche, mais continue à se battre, inlassablement.

Bien sur, il y a aussi le programme.

Je suis un écologiste, donc je suis convaincu que la solution à la crise passe par l’écologie politique. L’écologie politique est actuellement à un tournant important de son histoire. Après s’être contentée d’alerter l’opinion sur les problèmes environnementaux, l’écologie politique est en train d’inventer des solutions nouvelles pour sortir de la crise. Et, par la campagne qu’elle mène actuellement, Eva Joly est une actrice de ce changement. C’est sans-doute pour cela qu’elle a pu parfois donner l’impression de parler assez peu d’écologie, elle donne des solutions écologistes à des problèmes qui ne sont pas, à première vue, environnementaux.

L’écologie d’Eva Joly est une écologie humaniste. Il n’est plus question de sauver uniquement la nature contre l’humanité, mais de sauver l’humanité contre elle-même. Il s’agit aussi de replacer les êtres humains au centre de nos préoccupations. De ne pas oublier que ce sont les paysans qui sont les premières victimes du modèle productiviste, que les employés de l’industrie automobile sont inquiets sur leur avenir et qu’il faut les rassurer, que les ménages modestes commencent à ne plus pouvoir s’en sortir face à leur facture énergétique et qu’il va falloir les aider.

Mélenchon peut dire ce qu’il veut à propos de l’écologie, il a dans son mouvement les pires productivistes que l’on peut trouver au sein de la gauche, et ce sont justement ceux-ci qui ont le plus de chance de finir à l’Assemblée Nationale ou au gouvernement après les élections. Nous verrons bien à ce moment là comment réagiront les écologistes (que je pense sincères) issus du Front de Gauche.

Eva Joly est une anti-jacobine, et ça dénote dans le paysage politique français. Ça s’explique sans-doute par le fait qu’elle n’a pas reçue le formatage traditionnel. Toujours est-il qu’elle n’a pas la même façon de concevoir la France et la République. Cela s’est vu avec l’histoire du 14 juillet ou des fêtes religieuses. Sauf à être de mauvaise foi, il faut bien reconnaître que c’est elle qui a fait preuve d’ouverture et de pragmatisme, alors que ses détracteurs ont eux fait preuve de fermeture, d’hypocrisie et de raideur idéologique.

En tant que militant UDB, je suis forcément en accord avec ses positions fédéralistes, que ce soit au niveau européen ou aux niveaux hexagonal et régional. Son engagement en faveur de la diversité linguistique ne se limite pas qu’à la France, puisqu’en Norvège elle travaille aussi avec les Samis. Dans cette campagne électorale, Eva Joly est la seule à défendre ces positions clairement, concrètement et entièrement. Seul Hollande parle de donner plus de pouvoir au régions (mais il est bien tiède par rapport à la position de ses camarades présidents de régions) ou de ratifier la charte des langues régionales (sans dire comment il compte passer le barrage du conseil constitutionnel).

Une dernière chose pour la fin, vous l’aurez certainement remarqué, Eva Joly est une femme. Or je me suis récemment rendu compte que au premier tour des présidentielles, j’ai, depuis 1995, toujours voté pour une femme (au deuxième tour, désolé, je n’ai pas pu le faire). Cela s’est fait de manière inconsciente, mais je pense que ça a son importance. En y réfléchissant, je pense que nous serions mieux dirigés si nous avions une femme à l’Elysée (attention, hein, pas n’importe laquelle, quand-même).

Donc, pour conclure, dimanche prochain, j’irai voter avec le sentiment, rarement aussi intense, que la personne pour qui je vote mérite pleinement mon bulletin. Quel que soit le résultat final, je pense qu’Eva Joly représente clairement de ce que doit être l’avenir de l’écologie politique.

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