Pourquoi je n’utilise jamais le mot « nation »

Cette idée d’article me trottait dans la tête depuis un moment déjà, mais j’ai décidé d’attendre symboliquement le centenaire du début de la première guerre mondiale pour publier cet article. Cette guerre, qui s’est au final révélée totalement absurde, est en effet pour moi l’aboutissement ultime du nationalisme. Parce que, quel qu’il soit, le nationalisme aboutit bien souvent à la violence.

Qu’est-ce que la « nation », le « nationalisme » ?

Tout d’abord, essayons de définir un peu de quoi il s’agit. Ceci est ardu car ces termes peuvent désigner des choses différentes. La nation, dans son sens moderne, est un concept assez récent (XIXème siècle). Avant cela, le terme désignait grosso-modo le lieu d’origine, qu’il soit le village, la région ou le pays. Aujourd’hui, le sens du mot « nation » est proche de celui de « peuple », la différence est qu’il est aussi associé à l’idée d’État. Une nation serait ainsi un peuple doté d’une structure étatique ou qui aurait la revendication d’en posséder.

Un peu par fainéantise, aussi parce que j’en ai le droit (merci le libre), mais surtout parce qu’il résume parfaitement le problème, je vais reproduire ici le chapeau introductif de l’article de Wikipédia sur le nationalisme ( Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0. Source : Article Nationalisme de Wikipédia en français (auteurs) ) :

Le nationalisme est un principe politique1, né à la fin du XVIIIe siècle, tendant à légitimer l’existence d’un État-nation pour chaque peuple (initialement par opposition à la royauté, régime politique qui en France sera ensuite nommé Ancien Régime). Ce principe politique s’est progressivement imposé en Europe au cours du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Les historiens ne présentent pas ce nationalisme, en général, comme une idéologie, car il est peu et mal argumenté ou justifié par des intellectuels. Depuis son avènement il est en revanche facilement présenté comme une évidence dans la vie politique et sociale2.

Ce terme désigne aussi des mouvements politiques déclarant vouloir exalter une nation sous toutes ses formes (État, culture, religion, traditions, préférence nationale pour l’emploi…), par opposition aux autres nations et populations. Cette deuxième variante du mouvement s’est développée à partir de la fin du XIXe siècle, vers 1870 : chauvine et xénophobe, elle trouvait alors ses militants principalement dans la petite bourgeoisie3,4,5.

Le nationalisme apparaît aussi, à partir du milieu du XIXe siècle, comme un sentiment national plus ou moins répandu et exalté au sein de la population d’un pays, et s’invitant (surtout au XXe siècle) au sein de multiples doctrines ou idéologies politiques, allant du communisme (par exemple le concept de Patriotisme anti-impérialiste de Mao Zedong) et du fascisme (concept de Totalitarisme anticapitaliste de Benito Mussolini) jusqu’aux démocraties parlementaires, en passant par la Troisième Internationale léniniste. Ainsi il a souvent servi de justification aux épurations ethniques6 du XXe siècle, peut-être parce que le sentiment national est devenu « puissamment mobilisateur », comme l’avaient compris dès le printemps des peuples de 1848 certains conseillers de dynasties européennes et ottomane7,8.

Je n’aime pas ce mot « nation » à cause de ce vers quoi il mène.

Dans la définition de la nation, il y a la notion de revendication ou de légitimation de l’État. C’est pour moi un concept politique tout à fait artificiel inventé par les États, qu’il soient monarchiques ou post-monarchiques (d’aucuns parleraient de république) pour tenter de donner une légitimité à leur existence. Le concept a alors été repris par  les mouvements qui revendiquaient eux aussi pour leurs peuples un État. Et ceux-ci, quand ils ont pu accéder à l’indépendance, qu’ont-ils fait ? En bon révolutionnaires, ils se sont contenté de reproduire fidèlement le modèle de leurs anciens oppresseurs.

Après avoir légitimé l’existence des États, la nation a légitimé leurs actions, en premier les lieu les plus immorales : Défense de l' »unité nationale » et donc éradication de toute diversité culturelle sur le territoire ainsi que lutte souvent violente contre toute revendication séparatiste ou autonomiste ; politiques d’extension, colonialistes et/ou impérialistes, bien souvent pour des raisons économiques ; idéologies xénophobes et/ou racistes. La nation a ainsi pu justifier la folie furieuse d’Hitler et presque tout le monde a suivi, sans broncher.

Ce que j’observe, quand je vois un nationaliste (quel qu’il soit), c’est une notion d’exclusive : « Je suis xxxx, et surtout pas yyyyy. » Elle apparait d’ailleurs très clairement dans la constitution française : « La France est une République une et indivisible ». « Le français est la langue de la République ». C’est cette notion d’exclusive qui empêche certains militant de gauche ou d’extrême-gauche de comprendre que la puissance publique ou même la lutte pour les droits sociaux peuvent se concevoir dans d’autres cadres que celui de l’État-nation. C’est aussi cette notion d’exclusive qui fait que certains déclarent que la défense des identités locales est forcément un repli sur soi. Mais regardez-vous donc, dans cette affaire, les gens repliés sur eux, c’est vous.

La couverture d’un livre qui montre bien comment la première guerre mondiale a été préparée.

Et j’en reviens au souvenir de la première guerre mondiale. Cette guerre absurde n’aurait jamais du avoir lieu. Elle n’a été rendue possible que parce qu’elle a été préparée par les États français et allemand (prussien) pendant des décennies, et elle a été préparée dans un esprit nationaliste. Qu’est-ce qu’il l’a rendue possible sinon l’esprit revanchard français (« Rendez-nous l’Alsace-Lorraine ») et cet esprit de supériorité français et allemand ?Qu’est-ce qui a rendu possible cette guerre sinon ce nationalisme qui régnait en maitre en Europe à l’époque ? Et qu’est-ce qui était tant reproché à Jean Jaurès lorsqu’il a été vilipendé, lorsqu’il a été tué ? Tout simplement le fait de ne pas être nationaliste. Jaurès n’était pas un nationaliste, et c’est sans-doute ce qui lui a permis de tomber amoureux de l’occitan.

Le nationalisme et la pornographie.

Attention, cette section peut être jugée comme trash, j’invite les personnes sensibles à passer à la suite. Pour rappel, voir mon article Trash

J’ai eu l’occasion de croiser le fer avec un flamand spécialiste du nationalisme, Eric Defoort, qui pour justifier le nationalisme flamand utilise une métaphore sexuelle. Pour lui, il faut faire la différence le nationalisme d’extrême-droite qu’il compare à la pornographie, et le nationalisme qu’il pratique qu’il compare au sexe normal, notamment celui qui accompagne l’amour entre deux personnes.

Mais ce qu’il oublie de dire, c’est qu’il n’y a pas que le nationalisme d’extrême droite qui est immoral et condamnable. Il y a d’autres formes de nationalisme qui peuvent elles aussi être associées à la pornographie.

Ainsi, le nationalisme d’extrême-droite peut être associé à la pédopornographie. Le nationalisme qui à conduit à au colonialisme à de la zoophilie ; ce qui a conduit à la première guerre mondiale à du BSDM ; celui qui amène certains à poser des bombes parfois meurtrières à du bukake ; et celui qui s’oppose à la réunification administrative de la Bretagne, à une reconnaissance institutionnelle du Pays-Basque, aux écoles bilingues à du fist-fucking.

Le nationalisme que pratique M. Defoort, s’apparente à une pornographie bon enfant, plus ou moins commerciale, soucieuse généralement (mais pas toujours) des gens qu’elle emploie. Mais ça reste de la pornographie, parce que le principe de base est le même. Le sexe amoureux, c’est autre chose.

Fin de la section trash, vous pouvez de nouveau lire.

 Nationalisme modéré.

Oui mais, certaines personnes (en particulier en Corse ou au Pays-Basque) qui ont les mêmes visions que moi se disent nationalistes. Seulement voila, ces personnes sont généralement qualifiées de « nationalistes modérés ». Mais moi ça ne m’intéresse pas d’être qualifié de modéré. Je ne suis pas un modéré, je suis un radical (Pour rappel, voir mon article Radical et pragmatique). Et qu’est-ce que ça veut dire au juste ? Que j’admets le principe de base du nationalisme mais que je ne souhaite pas aller jusqu’au bout de la logique ? Mais ça ne me convient pas. Comme je le dis, je suis un radical. Je suis un fédéraliste. Ce que je souhaite, c’est le dépassement des États-nations. Et en cela je m’oppose au nationalisme. Non, le terme de nationalisme modéré ne peut en rien me convenir. Je suis ni nationaliste, ni modéré.

Je comprends mes amis qui se disent nationalistes modérés parce qu’ils militent dans un contexte souvent particulier, mais je les invite à s’interroger sur la question. En quelque sorte, cet article est écrit en premier lieu pour vous, pour vous inviter à dépasser le mot.

 Je n’utilise pas le mot « nation » parce que je n’en ai pas besoin.

Reprenons. Une nation, c’est un peuple auquel on a accolé un état ou la revendication d’un état. Si on souhaite mettre en avant le coté institutionnel, le coté étatique, le terme État-nation me semble plus approprié. Maintenant, si on souhaite mettre en avant le coté populaire, identitaire ou culturel, je trouve que le terme de « peuple » convient parfaitement.

J’ai eu l’occasion de discuter du sujet avec Mikael Bodlore-Penlaez qui produit de très beau livres que je recommande à tout le monde (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mikael_Bodlore-Penlaez#Ouvrages). Dans son ouvrage, excellent au demeurant, Atlas des Nations sans État en Europe, Peuples minoritaires en quête de reconnaissance, il met bien évidemment en avant le terme de nation. Mais je trouve que le livre n’aurait rien perdu, ni en profondeur, ni en cohérence, ni en pertinence s’il n’avait pas utilisé le mot « nation » mais s’était contenté du mot « peuple ». D’ailleurs, dans ses textes, Mikael Bodlore-Penlaez mêle régulièrement les deux mots comme s’il s’agissait du même concept, à l’image de la quatrième de couverture que je me permet de reproduire ici.

« Une Nation sans État est un peuple non souverain. Hier, c’était le cas de l’Irlande, de la Pologne ou de la Lettonie, lorsqu’elles vivaient sous la coupe d’autres États. Aujourd’hui, ces peuples ont retrouvé leur liberté.

Mais l’Europe du XXIe siècle connaît encore de nombreux cas de Nations sans État Leurs noms Alsaciens, Basques, Bretons, Catalans, Corses, Écossais, Frisons, Gallois, Sorabes…

Ces peuples ont toujours défendu leur forte identité. Marqués par des traits culturels particuliers, ils savent exprimer leur sentiment d’appartenance à une communauté soudée par l’histoire. Mais qui connaît réellement leurs aspirations, à savoir leur quête de reconnaissance ou de liberté, le désir de maîtriser leur destin, de pratiquer leur langue, d’être reconnus officiellement ?

Ainsi, l’histoire récente nous montre que de nombreux peuples minoritaires ont réussi, par le dialogue, à disposer d’un statut d’autonomie ou à obtenir leur indépendance. Ces droits acquis à force de ténacité leur permettent de décider de leur avenir plus sereinement et de préserver leur identité, souvent mise à mal par le centralisme étatique.

A travers soixante cartes inédites, cet atlas invite le lecteur à un tour d’horizon des Nations sans État qui peuplent l’Europe. Il permet ainsi de prendre la mesure d’un des enjeux géopolitiques majeurs du XXIe siècle. La mosaïque européenne sera toujours faite de diversité et de contrastes. »

Personnellement, je n’utilise plus le terme de « nation » et je n’ai aucun manque. J’arrive parfaitement à décrire ce dont je souhaite parler. Les termes de « peuple », d' »identité », de citoyenneté » me suffisent amplement.

Citoyenneté, identité, nationalité.

Dans l’imaginaire nationaliste français, les concepts de nationalité, d’identité et de citoyenneté sont intimement liés au point de n’en faire quasiment qu’un seul. Pourtant, grâce à mes expériences militantes, j’ai pu découvrir que ces trois notions n’avaient pas à être liées, qu’elles étaient différentes dans leur définition et leur façon de fonctionner.

L’identité, c’est un sentiment d’appartenance, le fait d’être de quelque part, le fait de se sentir lié à une culture, le fait de faire sien une histoire collective. C’est quelque chose qui se ressent mais ne se décrète pas. L’identité doit pouvoir se concevoir à toutes les échelles, de l’infra-local à l’universel. Il n’y a pas non plus de notion d’exclusive dans le concept d’identité.

La citoyenneté, c’est le fait de participer à la société, c’est le fait d’agir collectivement avec les personnes avec lesquelles ont cohabite pour construire un avenir commun, c’est le fait d’interagir avec les autres. Là encore, la citoyenneté doit pouvoir se concevoir à toutes les échelles, de l’infra-local à l’universel. Et là non plus, il n’y a pas de notion d’exclusive dans le concept de citoyenneté.

Identité et citoyenneté ne sont pas forcément liées. Ont peut vivre sur un territoire, venir d’ailleurs et ne pas se sentir lié à son histoire et sa culture. Cela ne doit pas nous empêcher de participer à la vie de la société dans laquelle on réside, avoir une vie associative et militante. A l’inverse (et cela pourra concerner les mêmes personnes), ont peut provenir d’un territoire, s’y sentir toujours lié, toujours vivre sa culture, mais ne plus y vivre, et donc ne plus pouvoir participer à sa société. Je parle ici bien évidemment des migrants, mais il y a aussi des personnes qui sont nées sur un territoire et que sentent liées à un autre territoire pour x raisons, c’est possible.

Et donc, si l’on enlève la citoyenneté et l’identité à la nationalité, que lui reste-t-il ? Et bien pas grand chose au final, juste un mot sur un papier plastifié, de l’administratif. Si, il y a bien des droits, que les « nationaux » possèdes mais que les autres, les étrangers, n’ont pas. Mais ne pourrait-il pas en être autrement ? Pourquoi ne pourrions-nous pas avoir les mêmes droits quelle que soit notre nationalité ?

Dépasser la nation.

Comme je l’ai écrit, je suis un fédéraliste. Je suis un enfant de l’Europe. J’ai eu la chance de n’avoir jamais connu l’absurdité de la guerre. Pour moi, le nationalisme est responsable d’une part importante des maux du XXème siècle. C’est, mine de rien, un outil formidable pour envoyer des gens, la plupart du temps modestes, aller tuer des personnes qui au final leur sont semblables.

Malheureusement, nous observons de plus en plus une recrudescence de ce nationalisme. Et je ne parle pas uniquement de l’extrême-droite. Les égoïsmes nationaux ont rendu l’Europe inopérante pendant la crise économique et aujourd’hui l’Europe est en grand danger. En France, les jacobins sont plus forts que jamais et se rencontrent dans tous les partis politiques. Au sud des Pyrénées, ce sont des nostalgiques du franquisme qui sont au pouvoir en Espagne et qui empêchent toute avancée des questions basques et catalanes. La Hongrie est au bord du basculement vers une dictature nationaliste. Les allemands pratiquent un nationalisme économique à outrance…

Je ne crois pas que ce soit la construction européenne qui nous a préservé de la guerre. Je crois que ce sont les européens eux-mêmes qui, ne voulant plus de la guerre, ont tourné le dos au nationalisme et ont voulu construire autre chose. Aujourd’hui, les peuples ayant la mémoire courte, nous sommes en train de revenir à nos vieux démons. Mais je pense que rien n’est encore perdu, il est encore possible de se ressaisir.

En fait, le fédéralisme, c’est le refus de la guerre. Tout pacifiste digne de ce nom devrait être fédéraliste et anti-nationaliste.

Et je pense que c’est le fédéralisme, et le dépassement des États-nations qui nous permettront d’avancer et de trouver des solutions à la crise à laquelle nous faisons face. C’est le fédéralisme qui fera avancer les droits sociaux (tout au moins en Europe). C’est le fédéralisme qui fera avancer la démocratie (car la démocratie actuelle est trop liée aux vieux modèles héritiers des vieilles monarchies). C’est le fédéralisme qui nous permettra de faire face aux problèmes énergétiques et environnementaux au niveau mondial (en dehors de tout égoïsme national, mais aussi en sachant allier le global et le local). C’est le fédéralisme qui nous permettra de changer de système économique, nous permettant de sortir de la crise (là encore en dehors de tout égoïsme national).

C’est donc à nous d’inventer quelque chose de nouveau. Et il y a des territoires qui se trouvent être de très bons laboratoires pour cela. Et je pense que j’ai la chance de vivre dans l’un d’eux : la Bretagne.

Bretagne réunifiée ou « Grand-Ouest » : quitte ou double pour le PS

Depuis l’arrivée de Manuel Valls à Matignon, la question du redécoupage des régions est devenue un des grands débats animant la sphère politique. En Bretagne, la réunification est passée en très peu de temps du statut d’éternelle revendication de l’Emsav à celui de possibilité plus que plausible. Comme il fallait s’en douter, les réactions anti bretonnes n’ont alors pas tardé.

PDL et « Grand-Ouest »

Fidèle à lui même et quasi caricatural, Jacques Auxiette a ouvert le bal en dépensant l’argent des contribuables simplement pour défendre son pré-carré (voir ici le communiqué de 44=Breizh sur le sujet). Il apparait que ceux qui défendent la région des Pays-de-la-Loire ne sont finalement pas nombreux et y ont quasiment tous un intérêt (conseillers régionaux, membres du CESER des PDL, bénéficiaires de subventions). Cette région bidon et artificielle ne bénéficie au mieux que d’une légère préférence pour le statut-quo teintée d’indifférence. A coté de cela, nombreux sont conscients que cette création de la technocratie parisienne n’est qu’un boulet pour tout le monde et en premier lieu pour ses habitants.

Jacques Auxiette

Parce qu’il ne veut pas entendre parler du démantèlement de l’assemblage hétéroclite que représente sa région, Auxiette a multiplié les idées de fusion : avec la Bretagne pour donner un « Grand-Ouest » dont les bretons ne veulent pas ; avec le Poitou-Charente ce qui n’a donné que peu d’écho (si ce n’est celui de Ségolène Royal) tant l’idée semble peu cohérente ; avec la région Centre mais les dirigeant de celle-ci ne veulent pas de la Loire-Atlantique jugée plus à sa place en Bretagne. Pour l’instant, Auxiette n’a pas encore eu l’idée de fusionner avec la Basse-Normandie mais cela ne saurait tarder.

S’il n’y avait eu que cela, je pense que j’aurais laissé filer. Auxiette est bien trop prévisible pour que nous soyons surpris. Non, ce qui me fait réagir, c’est l’attitude de certains élus PS importants en Bretagne. Il s’agit des maires des plus grandes villes de Bretagne ainsi que le président d’une métropole qui réclament la dissolution de la Bretagne dans le « Grand-Ouest ». (Voir ici l’article de Ouest-France)

Lorsque Manuel Valls avait annoncé son intention de réduire de façon drastique le nombre de régions administratives en France, nous savions très clairement que le statut-quo ne serait pas possible et que les seules alternatives possibles seraient la réunification ou le « Grand-Ouest ». Je me disais alors que le PS en Bretagne serait un minimum intelligent et refuserait le « Grand-Ouest ». Mais non, une nouvelle fois je me suis planté. J’aurais pourtant du me rappeler qu’avec le PS il faut s’attendre à tout.

Un mot sur ce gros machin informe appelé, faute de mieux, « Grand-Ouest » et sorti de l’esprit tordu d’on ne sait quel obscur technocrate. Ce truc ne correspond à rien, ne présente aucune cohérence car il tente de regrouper des territoires qui n’ont rien à voir les uns avec les autres, dont les problématiques sont différentes, qui n’ont pas les mêmes dynamiques. Sans parler évidemment du nom. J’ai l’habitude de dire qu’il y a deux mots qui posent problème dans la dénomination « Grand-Ouest » : « grand » et « ouest ». Grand comment ? Grand jusqu’où? A l’ouest de quoi ? A l’ouest de qui ? Dans un contexte franco-français replié sur lui-même ça passe à la rigueur, mais dans un contexte international, ça ne veut plus rien dire. Que signifie « Grand-Ouest » pour un new-yorkais, un californien, un australien, un japonais, un espagnol, un irlandais… Ça ne veut rien dire, aucune visibilité, aucune lisibilité, aucune identité. Ce truc ne peut être qu’un boulet. Ce truc, les bretons n’en veulent pas, et pour cause.

Métropolistes

Revenons à nos chers métropolistes du PS (car il s’agit bien de cela). Notons d’abord qu’il n’y a que des élus de villes bretonnes. Quid du Mans ou d’Anger ? Pas assez importantes certainement pour être sollicitées. On peut quand-même se dire que Le Mans n’est peut-être pas très intéressée par une telle fusion. Comme je viens de l’écrire, il s’agit de métropolistes, les régions ils s’en foutent, tout ce qu’ils veulent c’est que celles-ci soient les plus faibles possibles pour avoir les coudées franches et que surtout on ne vienne pas les emmerder avec cette foutue solidarité entre les territoires. Si les bouseux veulent qu’on les aide, ils n’ont qu’à accepter la modernité et venir grossir les rangs des métropoles. Tant pis pour l’augmentation des temps de transports, la concentration des pollutions, l’apparition de problèmes dus aux concentrations de populations tels que l’insécurité ou le ras le bol des gens.

Dans leurs rangs nous trouvons le champion de l’hypocrisie : Monsieur François Cuillandre qui, pour combattre la réunification, a toujours utilisé comme argument l’inquiétude de voir le Finistère marginalisé en Bretagne par l’arrivée de Nantes et de la Loire-Atlantique. Qu’il nous explique donc en quoi la création du « Grand-Ouest » ne serait pas pire en matière de marginalisation de tout l’ouest de la Bretagne.

Nathalie Appéré

Nous trouvons aussi Nathalie Appéré qui mérite, elle, une spéciale dédicace. Comme vous le savez, j’étais présent sur la liste qu’elle menait aux dernières municipales, je l’ai soutenue et j’ai dit à qui voulait l’entendre que sur les questions d’aménagement du territoire et de la Bretagne elle avait des positions différentes par rapport à ce que le PS rennais nous avait habitué jusque là. Pendant la campagne, elle s’était d’ailleurs gardée de donner son avis sur la question de la réunification ou du « Grand-Ouest », se contentant de parler du rapprochement entre Rennes et Nantes, mais parlais de la « Bretagne dans son ensemble » et n’hésitait à mettre en avant la langue bretonne et le soutien qu’elle lui apporte.

Et donc voila qu’une fois élue maire de Rennes, Nathalie Appéré nous signe deux textes, une tribune libre dans Le Télégramme (voir ici sur son blog de députée) titrée « Ce qui est bon pour Rennes est bon pour la Bretagne » puis cette tribune cosignée avec ses collèges des grandes villes et métropoles de la Bretagne. Nous pouvons aisément faire les déductions qui s’imposent. Ce qui est bon pour Rennes est bon pour la Bretagne. Préférer le « Grand-Ouest » à la réunification est bon pour Rennes. Refuser la réunification de la Bretagne et préférer au contraire qu’elle soit noyée dans un « Grand-Ouest » informe, c’est bon pour la Bretagne. Non mais franchement Nathalie, ce que tu viens de faire, c’est non seulement une faute politique mais aussi une insulte grossière pour toutes celles et ceux pour qui la Bretagne veut dire quelque chose. Pour la première fois (mais je crains que ce ne sera pas la dernière) j’ai été ravi de ne pas faire partie de ta majorité.

Et pour répondre à cette phrase débile serinée depuis des lustres par le PS rennais, non cette phrase n’est pas forcément vrai, pas à court terme en tous cas. C’est l’inverse qui est vrai, car sans la Bretagne, Rennes ne serait qu’une bourgade sans intérêt. C’est bien sa position par rapport à la Bretagne qui a fait de Rennes ce qu’elle est aujourd’hui. Rennes ne peut être forte que si la Bretagne est forte et vider la Bretagne de son sens et de son énergie ne pourrait que faire péricliter Rennes.

 Quitte ou double pour le PS breton

Quoi qu’il décide, le PS actuel restera dans l’histoire de la Bretagne. Soit il décide de réunifier la Bretagne et donc de redonner une existence officielle à la Bretagne (la vraie, la seule, celle que certains appellent l’historique), soit il décide de créer cet informe « Grand-Ouest » et par là même décide de faire disparaitre de nouveau le nom de Bretagne des institutions. Ce qu’il faut savoir c’est que la Bretagne n’est pas une région comme les autres, elle fait l’objet d’un attachement et d’un sentiment d’appartenance de la parte d’une grande majorité de ses habitants.

Il faut aussi avoir en tête que la Bretagne était il n’y a encore pas longtemps une terre réputée de droite et qu’à présent elle est une des régions les plus à gauche en France, et ce avec une certaine constance qui laisse envisage une certaine durabilité. On ne peut certainement pas en dire autant des autres territoires du nord-ouest de la France. Cette situation, le PS breton en profite pleinement et lui a permis de s’établir dans pas mal de collectivités.

Ce dont il faut avoir conscience, c’est que si le PS décidait d’être le fossoyeur de la Bretagne comme certains le voudraient, cela risquerait de l’être pour un bon bout de temps, et que pas mal de bretons, attachés à la Bretagne (et pas uniquement dans l’Emsav ou le milieu breton), pourraient ressentir à l’encontre du PS un ressentiment fort et tenace et que ce ressentiment pourrait s’avérer être fortement handicapant, notamment lors des élections. D’autant plus que sur le sujet de la réunification, des personnes comme Bruno Chavanat ou Marc Le Fur ont eux une position qui est très claire. Qu’elle puisse être opportuniste n’y changeant rien.

Alors voila, messieurs dames du PS, vous êtes au pied du mur, c’est à vous de jouer. Mais sachez que si vous faites le mauvais choix, il ne faudra pas vous étonner ou vous plaindre si l’attitude du mouvement breton ne vous convient pas.

Lettre d’excuse à mon blog

Mon cher blog.

Cela fait maintenant un petit moment que tu n’as pas reçu de nouvel article (08 septembre 2013)  et ta colonne de droite est restée inchangée depuis encore plus longtemps. Avant cela, sur les mois précédents, il n’y avait même plus que des articles concernant le Peuple breton. Seule une maintenance technique minimal a été assurée.

Autant le dire de façon claire, je t’ai carrément négligé et laissé tomber. Je comprends donc très bien que tu m’en veuilles. D’autant plus que je sais très bien que toi, tu continueras toujours à assurer ta part du travail avec fidélité.

(Bon c’est vrai que après tout, tu n’es qu’un ensemble de logiciels et de lignes de codes enregistrés sur un serveur distant et que donc, concrètement, tu ne peux pas m’en vouloir. C’est vrai aussi que les personnes qui liront cette lettre me prendront sans-doute pour un fou. Mais ça me plait de te prendre pour une entité pensante.)

Ce qui suit n’est en rien des excuses, je suis inexcusable, ce sont des explications. J’ai été pas mal pris ces derniers mois. Les choses se sont accumulées et comme je ne suis pas toujours très bon coté organisation, je n’ai plus eu le temps de m’occuper de toi comme je l’aurais voulu.

Tout d’abord, ma vie affective s’est enrichie. Je ne suis plus un célibataire endurci et vieillissant. Et le fait que cela m’empêche de rester aussi longtemps assis tout seul devant mon PC, toi et moi savons que c’est une excellente chose. Il va falloir que je me force à être plus productif et moins procrastinateur devant mon ordinateur. Ne t’en fais pas, j’ai maintenant quelqu’un qui m’aide là dessus. Et puis, tu as gagné une lectrice supplémentaire, attentive et pertinente, tu ne vas pas t’en plaindre.

Ensuite, j’ai suivi une formation intensive de breton pendant six mois à Skol an Emsav. Pendant toute cette période, je n’ai eu ni le temps ni l’énergie d’écrire quoi que ce soit pour toi. Tu sais que c’était quelque chose qui me tenait à cœur. Maintenant c’est fait. Bremañ e komzon brezhoneg bemdez (A présent, je parle breton tous les jours). Au final pour toi, c’est quelque chose de positif (en tout cas j’y compte bien) car j’ai l’intention d’écrire des articles en breton, essentiellement pour m’entrainer dans une langue que je ne maitrise encore que très imparfaitement. Tu vas donc gagner une nouvelle rubrique et de nouveaux articles avec certainement tout plein de fautes de breton (mais je compte bien sur mes lecteurs pour me corriger gentiment).

Enfin, il y a eu les élections municipales. Comme tu le sais, j’ai été candidat en bonne position pour être élu, et ça s’est terminé en « eau de boudin ». Cela a été quand-même une expérience enrichissante où j’ai appris bien des choses sur moi, sur les autres, sur ma ville, sur la politique. J’en tire certes pas mal d’amertume (ça passera, je l’espère, avec le temps) mais comme on dit : ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Voyons le bon coté des choses. Être élu m’aurait pris beaucoup de temps. Ce temps, je compte quand-même l’occuper à bon escient. Et puis, ma parole est toujours aussi libre, je dirais même qu’elle est plus libre que jamais. Je pense que tu en profiteras.

Alors voila mon cher blog, si j’ai écris cette lettre d’excuse, c’est au final pour te donner des raisons d’espérer. Après cette longue période d’abstinence, j’ai de nouveau envie d’écrire pour toi. Écrire en breton, écrire en français. Écrire des choses négatives, écrire des choses positives. Écrire des choses graves, écrire des choses légères. Écrire pour rêver, écrire pour construire. Écrire pour réfléchir, écrire pour agir.

A très bientôt mon cher blog.

La Syrie, le conflit de tous les regrets

Je crois que cette affaire ne nous laissera que des regrets.

Nous aurions pu soutenir (sans intervenir) les rebelles dès le départ, quand il ne s’agissait encore que d’une simple lutte pour la démocratie.  Seulement  maintenant les salafistes se sont bien installés dans la lutte contre Assad. A prèsent, il est impossible de soutenir la rébellion sans venir en aide à ces intégristes religieux qui, disons le clairement, ne sont en rien des démocrates et sont par certains cotés pire qu’Assad. Aujourd’hui, le conflit peut se résumer à un connard contre des salaud. Comment y intervenir sans se mordre les doigts ?

Pourquoi ne sommes nous pas intervenus plus tôt ? Parce que nous n’en avons pas vraiment les moyens. Une guerre ça coute cher, financièrement et humainement. On sait quand ça commence, pas quand ça finit. Et les conflits dans lesquels les occidentaux se sont engagés dans la régions ont été des succès très rapides qui au final se sont avérés être des fiascos les plus complets. Et personne n’a envie de renouveler l’expérience.

Sans oublier que la situation dans les pays qui ont connu ce qu’on appelle le « printemps arabe » est aujourd’hui loin d’être claire. Rappelons-nous à ce sujet que la France a mis pas loin de deux siècles pour avoir une démocratie représentative qui fonctionne à peu près.

Autre regret mais qui est loin d’être une nouveauté tellement nous en sommes devenus habitués : la diplomatie européenne est une fois de plus totalement inexistante.

Quant à l’ONU, son fonctionnement la rend totalement inopérante et en fait une véritable mascarade. Mais ça tout le monde le sait, et ce depuis le lendemain de sa création. Seuls d’autres facteurs, en rien liés à l’ONU, font qu’elle n’a pas eu le même sort que la SDN. Tant que nous ne réformerons pas l’ONU, ce n’est pas la peine d’en parler comme solution.

Décider d’envoyer des missions humanitaires sans intervention militaire, dans la situation actuelle, est totalement irresponsable car cela revient à envoyer au casse-pipe des gens dont ce n’est pas le métier. Je m’y refuse catégoriquement. En plus, ce serait complètement inutile, car sans la paix tu ne peux rien construire.

Bashar Al Assad. Photo sous licence Creative Commons, auteur Agência Brasil

Mettre les gens autour d’une table pour les forcer à discuter, ça marche, quand ces gens sont raisonnables. Nous avons d’un coté un type qui a déjà franchi la ligne rouge et n’a plus rien à perdre car il sait que s’il recule il est fini, et de l’autre des fous furieux qui ne pensent qu’au jihad. Il y a déjà eu des tentatives pour la Syrie, on peut continuer, mais pour l’instant rien n’a marché.

Soutenir les kurdes qui se battent pour leurs libertés, je suis pour. Mais ça ne concerne qu’une petite partie de la population et du territoire du pays. Seulement, la Turquie risque de ne pas le vouloir, et pour ne pas la froisser, nous risquons de ne rien en faire.

Au final, je vais vous dire ce que nous allons faire. Nous allons regarder un dictateur et des intégristes détruire le peuple syrien sans réagir, parce que nous sommes impuissants. Nous allons nous réjouir de ne pas intervenir en scandant des slogans pacifistes, pendant que des gens se feront massacrer. Et ce sera là notre plus grand regret.

Le numéro d’été 2013 du Peuple breton

Comme tous les ans, un seul numéro du Peuple breton cet été, mais un numéro de 52 pages. En plus de dix places à gagner pour le festival du Chant de Marin à Paimpol, la une titre « Vous êtes d’ici… et d’ailleurs ». Une une qui annonce de l’actualité bretonne, mais aussi beaucoup de lien avec le reste du monde.

L’invité du mois est Alain Bidal, président du collectif Le Peuple des dunes en Trégor, qui nous parle des conséquences que risque d’avoir l’extraction de sable au large de Perros-Guirec (voir ici http://peuplebreton.net/?p=476).

L’édito est signé par notre député Paul Molac et a pour sujet la méthanisation dans le milieu agricole. Une bonne idée sous certaines conditions.

Christian Pierre signe un article sur le risque de fermeture de l’usine de conditionnement de saumon Marine Harvest à Poullaouen. Il revient sur l’aventure commencée en 1970 (voir ici http://peuplebreton.net/?p=479). Vient ensuite un article sur les raisons de la crise de l’agroalimentaire en Bretagne (voir ici http://peuplebreton.net/?p=482).

Patrick D Morvan nous livre ce mois-ci un article sur la pollution aux PCB (polychlorobiphényles, qui sont des perturbateurs endocriniens et des produits cancérigènes) en Bretagne.

Alain Cédelle nous parle de la communauté de communes du Mené et de sa démarche d’autonomie énergétique. Jacques Dyoniziak revient sur la manifestation pacifiste organisée le 9 juin dernier à Crozon par le Mouvement de la paix.

Dans la rubrique la Bretagne de Brest à Nantes, il est question de la fermeture de 12 lits à l’hôpital de Concarneau pendant l’été, de la menace de fermeture d’une classe à Lézardrieux, de la fermeture de l’usine de transformation de saumon Marine Harvest à Châteaugiron, d’un forum citoyen de Bretagne organisé à Nantes en réaction à celui organisé par les PDL (Pays de la Loire), de la protestation à Pontivy contre la fermeture d’une piscine découverte.

Image sous licence Creative Commons

Vient en suite un article de trois pages sur les questions migratoires, signé par un certain… Jef Monnier (et oui, c’est moi). Trois pages, c’est long pour un article dans le Peuple breton, même de 52 pages. Je tiens à remercier ici Gael qui en a eu l’idée (après nos longues discussion sur le sujet) et qui a du me « botter les fesses » pour que je l’écrive à temps. Au final, on a un article dont je peux être fier .Si vous voulez le lire, vous n’avez qu’une chose à faire : acheter un numéro du PB, car il ne sera pas publié sur le Net (voir ici http://peuplebreton.net/?p=489).

La caricature de Nono traite des différentes affaires judiciaires touchant la droite.

Dans sa rubrique Leurre de vérité, Yann Fiévet nous parle de l’espionnage de nos vies privées par les autorités, notamment américaines.

Gael Briand se demande si l’Etat français est réformable ou non, pour illustrer son propos, il prend les exemples de la LGV (seule Le Mans-Rennes sera financée, pas Rennes-Brest ni Rennes-Quimper) et la Banque publique d’investissement (censée financer les entreprises dans les territoires mais qui se paie le luxe de louer 10000m² de bureaux en plein Paris) (Voir ici http://peuplebreton.net/?p=485).

Un article signé par Iffig revient sur la communication des PDL (voir ici http://peuplebreton.net/?p=473). Gael Briand dénonce la mauvaise fois et la mauvaise volonté manifeste du rectorat de l’académie de Rennes qui limite le nombre d’admissibles au CAPES et CAFEP de breton à un chacun. Pendant ce temps là, ce même rectorat nous explique qu’on ne peut pas créer de classes car on manque d’enseignants. Gael Briand dénonce aussi l’attitude de Manule Valls face à la Corse.

Dans Pobl Vreizh, il est question des clubs de football en Bretagne (voir ici http://peuplebreton.net/?p=470), du film réalisé entièrement en breton Lann Vraz, de Monsanto (voir ici http://peuplebreton.net/?p=467).

Gwenael Henry nous livre un article sur l’origine atlantique de la civilisation celte. C’est plus compliqué qu’on ne l’imaginait (voir ici http://peuplebreton.net/?p=464).

Dans la rubrique Histoire, Jean-Jacques Monnier nous présente Auguste Glaziou, paysagiste du XIXème siècle encore célèbre au Brésil.

Il est ensuite question d’une conférence organisée par les députés européens François Alfonsi, Jean-Jacob Bicep et Franziska Brantner afin de dénoncer les exactions commises par l’armée malienne dans le nord Mali contre les populations « blanches » et afin d’alerter la communauté internationale. L’article est d’Anne Foata (voir ici http://peuplebreton.net/?p=460).

Goulc’han Kervella nous présente la dernière pièce de la troupe Strollad ar Vro Bagan, Divroa qui a pour sujet les migrations. L’émigration de la Bretagne vers Paris, Trelazé ou New-York, et plus récemment l’immigration en Bretagne. Voir sur le site de Strollad ar Vro Bagan http://www.arvrobagan.fr/spip.php?article1 (voir aussi ici http://peuplebreton.net/?p=456).

Mannaig Thomas nous livre ensuite un magnifique article sur les poètes engagés du mouvement breton dans les années 1960-1970 (voir ici http://peuplebreton.net/?p=452).

Les livres recensés ce mois-ci sont Oiseaux du bocage breton de Stéphane Brousse, Rouge ballast de Jean-Claude Le Chevère, Le Laboratoire de Jacques Faucheux, Grands rebelles et révoltés de Bretagne de Thierry Jigourel, Retour de Chandigarh de Mireille Le Liboux, Le Salon du lisier de Gérard Prémel, Pierre Ier de Bretagne d’Eric Borgnis-Desbordes, Les Enfants de l’école du diable de Sylvette Desmeuzes-Balland, Bréviaire de sel de Louis Bertholom, Restaurer un manoir breton en éco-construction de François de Beaulieu. Le livre du mois est Les plus beaux ports de Bretagne de François de Beaulieu et Hervé Ronné.

Françoise Ramel signe un article sur un groupe de jeunes musiciens touareg, Tadalat qui réalise cet été une tournée en Bretagne. A voir et écouter sur le Net http://www.saharasounds.unblog.fr http://www.myspace.com/groupetadalat http://www.facebook.com/tadalat.official (voir aussi ici http://peuplebreton.net/?p=449).

La rubrique Un jour avec… est consacrée à Miss Blue, DJ rennaise issue du milieu breton, qui réussi a allier musique bretonne et musiques électroniques (voir ici http://peuplebreton.net/?p=444).

Les album recensés par Philippe Cousin dans sa rubrique Musiques de Celtie sont Lunasa with the RTE Concert Orchestra, Songbook 4 Roses de Cécile Corbel, Live in Brittany de The Celtic Fiddle Festival, Charge de Comas, Live in Lorient de Doolin’, Sotaque de Budiño, Anar de Markéta Irglova, Collected de Ceolbeg.

Les albums recensés par Pierre Morvan dans sa rubrique Selaouit sont Olli goes to Bollywood de Olli, Paris-Brest de Élie Guillou, Babel Pow Wow de Dom Duff, Mabden de Philippe Hervouët, Boson de Hiks, Avec la langue de IMG, Mouezh an Diaoul de Rozenn Talec et Yannig Noguet, & Friends de Tangi Le Gall-Carré et Erwan Moal, Feiz Noz Moc’h.

Pierre Morvan présente les différents festivals de l’été dont je ne vous donne ici que les adresses des sites : http://www.astropolis.org http://www.lestombeesdelanuit.com http://www.harpe-celtique.fr http://www.kann-al-loar.com http://www.vieillescharrues.asso.fr http://www.festival-cornouaille.com http://nuitssalines.free.fr http://www.aupontdurock.com http://www.festival-interceltique.com http://www.les-escales.com http://www.festivalduboutdumonde.com http://www.paimpol-festival.com http://www.laroutedurock.com http://www.motocultor-festival.com http://www.fisel.org http://www.rendezvouserdre.com (voir ici http://peuplebreton.net/?p=439).

Gael Briand nous donne les bonnes raisons de nous rendre au festival de cinéma de Douarnenez du 23 au 31 aout http://www.festival-douarnenez.com Cette année ce sont les Rroms, les tsiganes et les voyageurs qui sont à l’honneur.

Philippe Cousin nous présente le dernier DVD de Clannad : Christ Church Cathedral.

Pour finir, Alain Kervern nous parle des haïku (courts poèmes d’origine japonaise) et lance le deuxième concours du haïku organisé par le Peuple breton (voir ici http://peuplebreton.net/?p=436).

Le numéro de juin 2013 du Peuple breton

A la une de ce numéro, les projets d’éoliennes offshore en Bretagne, le Point Bzh, et dix places à gagner aux Vieilles Charrues.

L’invité du mois est François Hulbert, géographe, professeur émérite de l’université de Metz. Intéressant de voir un universitaire lorrain développer le même discours que l’UDB (voir ici).

Dans son édito, Herri Gourmelen rappelle avec justesse que la crise n’est pas que conjoncturelle, qu’elle n’est pas uniquement économique mais aussi sociale, culturelle et démocratique. Une des réponses à cette crise de la démocratie est pour lui les revendications mises en avant par l’Appel de Pontivy.

Après la validation du point Bzh par l’Icann, Christian Demeuré-Vallée nous parle de la suite. Comment cela va se mettre ne place, combien ça va couter, quand les premières adresses arriveront-elles… (voir ici)

Nous avons ensuite droit à une double page où Gael Briand nous présente les deux projets d’éoliennes offshore en Bretagne, dans la Baie de Saint-Brieuc et au large de Saint-Nazaire. (voir ici)

Ce mois-ci, Patrick D Morvan nous explique les enjeux de l’algoculture, la culture des algues, notamment pour les ostréiculteurs en difficultés. Des potentialités importantes existent en Bretagne. (voir ici)

Patrice Méallier dénonce l’obligation pour les éleveurs de moutons et de chèvres de munir leurs animaux de puces électroniques « RFID ». Pour les petits éleveurs traditionnels, cela n’a aucun sens. (voir ici)

Dans sa chronique Leurre de vérité, Yann Fiévet nous met en garde contre la crise de la culture, due selon lui à la disparition de l’envie d’apprendre.

Dans la rubrique La Bretagne de Brest à Nantes, il est question de la mobilisation des facteurs lors du 1er mai à Châteaulin, de la possible implantation d’un nouvel hypermarché sur l’agglomération briochine, de la venue de Delphine Batho à Rennes dans le cadre du débat national sur la transition énergétique, de mémoriaux (dédié aux victimes des camps de concentration pour l’un, dédié à l’abolition de l’esclavage pour l’autre)  tagués à Saint-Nazaire, de la liquidation de l’abattoir de Doux à Pleucadeuc.

Dans son dessin de ce mois, Nono décerne la palme d’or à Irène Frachon.

Arnaud Mahé nous présente les initiatives prises par la société civile du Pays Basque pour demander une collectivité territoriale basque. Alan ar Gal revient sur le rassemblement qui a eu lieu le 15 mai dernier devant l’UNESCO à Paris, à l’appel des associations culturelles d’Alsace, du Pays Basque, d’Occitanie, du Poitou, de la Martinique et de la Bretagne.

Dans Pobl Vreizh, il est question des effets de la misère chez les enfants (voir ici), de la Kerlenn Sten Kidna, de l’égalité entre hommes et femmes (voir ici), de la SCOP Cellaouate à Morlaix.

Dans la rubrique Histoire, nous revenons sur la vie de Pierre-Marie Mével qui fut militant breton, notamment à Ar Falz et au sein du CELIB, écrivain en langue bretonne, et résistant pendant la deuxième guerre mondiale.

Gael Briand nous fait un topo détaillé sur la situation en Martinique : on peut bel et bien parler de néocolonialisme (voir ici). Avec Jean-Arnault Dérens il est question de la situation difficile de la Croatie qui va entrer dans l’Union européenne au début du mois prochain.

Philippe Cousin nous présente le programme du Festival Cornouaille Quimper, avec entre autres, Carlos Nuñez, Salif Keïta, Goran Bregovic, Dan ar Braz…

La rubrique Un jour avec… est consacrée à Tieri Jamet, éditeur à Pornic a qui nous devons la parution d’Harry Potter en breton et initiateur de l’ouverture de la première école Diwan au sud de la Loire. (voir ici)

Les livres recensés ce mois-ci sont Histoire de Kabylie de Youcef Zirem, La Parole des paysans de Paul Goupil, Le Projet Morgenstern de David S Khara, Trousse cocotte de Jean Kergrist, Atlantiquement vôtre d’Henri Thomas, Une fabuleuse aventure : Produit en Bretagne de Malo Bouëssel du Bourg et Louis-Roger Dautriat. Le livre du mois est Mémoire de mon enfance bretonne de Roland Colin.

Les albums recensés par Philippe Cousin dans sa rubrique Musiques de Celtie sont Session A9 du groupe du même nom, The thrush in the room de Dervish, Just playing de Outside duo, Cuz de Niamh Ni Charra.

Les albums recensés par Pierre Morvan dans sa rubrique Selaouit sont Celtic Wings de Pat O’May (que personnellement je conseille), Armorica Breizh d’Ar Vro Bagan et Ars’Ys, Rien à fout’ de la crise des Glochos, Ploërmel-Châtelet-Les Halles de Youenn Guillanton.

Pour transformer l’église Saint-Aubin de la place Sainte-Anne en jardin public vertical

[En préliminaire, je précise ou rappelle aussi que je suis un agnostique ayant reçu une éducation catholique.]

L’église Saint-Aubin, qui est aussi la basilique Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle (Voir l’article sur Wikipédia), est l’objet d’un débat récurrent dans le microcosme rennais. Est-il justifié de conserver une église à cet endroit ? Faut-il conserver le bâtiment ? Que faire à la place ? Ce débat interroge suffisamment de monde pour que Ouest-France fasse un article sur le sujet (Voir l’article ici) et interpelle ses lecteurs (Voir les avis ici).

Comment ce projet a germé.

Il se trouve que peu de temps auparavant, Arnaud, un camarade de l’UDB, était venu militer avec Nil et moi sur Rennes. Après avoir vendu le PB et distribué des tracts sur un marché rennais, nous sommes allés boire une bière à la terrasse d’un bar de la place Sainte-Anne. Nous avions une vue imprenable sur l’église. Nous avons donc tout naturellement discuté du sujet. Arnaud, qui n’est pas rennais et donc n’y avait pas encore réfléchi, mais qui par contre est paysagiste de formation, de passion et de métier, a très rapidement eu l’idée de végétaliser tout ça.

Photo sous licence Creative Commons, auteur : Edouard Hue

Il se trouve que dans nos relations, nous avons un militant basque, Vianney, qui travaille beaucoup à la recherche d’un nouveau paradigme écologiste, notamment en matière d’urbanisme et d’architecture (Voir ici son Scoop.it). Nous avons souvent eu l’occasion d’échanger sur la question. Et j’ai tout de suite fait le lien avec ce qui a pu se faire ou s’imaginer ailleurs, et j’ai rapidement vu les potentialités que ce bâtiment nous offrait.

Alors, lorsque j’ai vu l’article sur Ouest-France, je me suis dit qu’il était temps de mettre en forme ce projet. Après avoir échangé avec les protagonistes cités ci-dessus, je me lance donc.

L’église et son environnement.

Il s’agit d’une église datant de la fin du XIXième siècle construite dans le style néogothique (un peu mastoc). Sa construction à démarré en 1884 et a pris fin en 1904. L’architecte était Jean-Baptiste Martenot, architecte bien connu sur Rennes (Emmanuel Le Ray a pris la suite après la mort de Martenot). L’édifice fait pas loin de 70 mètres de long, 40 mètres de large au niveau de transepts, et 30 mètres de large au niveau de la nef ou du chœur (selon ce plan), il fait un peu moins de 50 mètres de haut (selon ce plan). Ce sont donc des dimensions relativement importantes pour une église. La nef est au sud, du coup le chœur au nord et les transepts sont à l’ouest et à l’est.

Comme je l’ai dit plus haut, les travaux de construction ont pris fin en 1904. Il faut préciser que cette église n’a pas été achevée, la façade n’ayant jamais été construite (voir ici ce que cela aurait du donner et ici ce que cela donne en définitive).

1904, c’est juste avant la mise en application de la loi de séparation de l’Église et de l’État (janvier 1906). Cela veut dire que le bâtiment appartient à l’État. La séparation de l’Église et de l’État a été l’occasion de nombreux heurts entre certains catholiques et les forces de l’ordre, et en particulier dans cette église de Saint-Aubin où il y a eu de véritables batailles de position avec des barricades pour empêcher les représentants de l’État d’y entrer. Il s’agit d’un lieu emblématique pour une partie importante des catholiques sur Rennes, et les avis recueillis par Ouest-France (voir le lien en début d’article) permettent de vérifier que c’est toujours le cas. De cela il faut en tenir compte, même si on estime que cet édifice n’est plus indispensable en tant que lieu de culte.

Il y a aussi l’environnement de l’édifice. L’église Saint-Aubin est en effet sise en la place Sainte-Anne, lieu emblématique (presque passionnel) s’il en est de la vie rennaise. Cette place accueil des publics très divers, des punks à chiens aux consommateurs du centre commercial de la Visitation, en passant par les nombreux touristes, les clients des bars et restaurants qui installent leurs terrassent aux beaux jours, les étudiants qui se donnent rendez-vous à la station de métro, les amateurs de vieux livres flânant entre les étals des bouquinistes, les fêtard noctambules et alcoolisés de la non lointaine rue Saint-Michel, et bientôt les congressistes du futur palais des congrès du Couvent des Jacobins. Il y a sur la place une des stations de métro par où transitent le plus de monde et qui accueillera bientôt la deuxième ligne.

Rappelons que cette place à un intérêt patrimonial important avec toutes ses maisons en pans de bois. Notons au passage que l’Église Saint-Aubin n’est pas classée aux monuments historiques. Derrière l’église, débouche la rue de Saint-Malo  avec elle aussi tout pleins de restaurants et de bars (oui, je sais, on est perdu avec tous ces saints différents, et je ne vous parle pas de la rue Saint-Louis où se trouve la Salle de la Cité (la Maison du Peuple) et l’ancienne salle du jeu de paume).

Photo sous licence Creative Commons, auteur TouN

Pas très loin, en descendant la rue d’Échange, se trouve le Vieux Saint-Étienne, une ancienne église qui a été transformée en théâtre. Une église transformée en lieu de culture dans les parages, il me paraissait intéressant d’en parler.

Quelque chose d’exceptionnel.

L’église en tant que lieu de culte, et l’endroit où elle se trouve sont tous les deux emblématiques. Nous ne pouvons pas y opérer une révolution (car il s’agit bien de cela) pour en faire quelque chose de quelconque. Si nous voulons remettre en cause l’actuelle utilisation du bâtiment, le transformer, voir le détruire, cela ne peut se faire que pour y mettre ne place quelque chose d’exceptionnel, de novateur, de particulièrement marquant.

Certains parlent de détruire carrément l’édifice. Je rappelle qu’il s’agit d’un bâtiment aux dimensions importantes, très en hauteur, tout fait en pierres de taille. Je ne suis pas un spécialiste, mais je me dis que techniquement, il ne sera pas facile d’opérer de tels travaux de destruction.

Détruire le bâtiment pour laisser un espace vide, c’est non seulement ridicule, c’est totalement crétin. Cela équivaut à détruire le bâtiment juste pour le détruire parce qu’il ne nous plait pas. De l’argent de gaspillé pour rien. Autant laisser l’édifice tel qu’il est.

Détruire le bâtiment pour en construire un autre à la place. Pourquoi pas. Mais quel bâtiment ? Il nous faudrait alors une architecture particulièrement innovatrice et audacieuse qui en même temps serait en mesure de s’intégrer au reste de la place sans jurer. Défi important. Et pour y accueillir quoi ? Si c’est pour y faire quelque chose qui pourrait être fait ailleurs, autant le faire ailleurs.

Non, si l’usage cultuel de l’église Saint-Aubin est remis en cause, il faut que ce soit pour faire quelque chose qui ne peut pas être fait ailleurs. Construire un nouveau bâtiment peut être fait n’importe où. L’usage cultuel de l’église Saint-Aubin ne peut être remis en cause que pour faire quelque chose de nouveau avec cet édifice néogothique, quelque chose d’exceptionnel.

Un jardin public vertical.

Et voila, ce que nous proposons, c’est un jardin publique conçu dans la verticalité. Si ce n’est avec les arbres, la plupart des des jardins sont conçu dans l’horizontalité. La plupart seulement, car nous trouvons aussi les jardins dans des lieux accidentés (ce qui ne nous concerne pas), les murs végétalisés (ou les jardins verticaux) et les jardins suspendus. Ce sont bien la végétalisation des murs et les jardins suspendus qui nous intéressent ici.

Végétaliser les murs s’entend à l’extérieur comme à l’intérieur. A mon avis, ce sera plus facile à l’extérieur, le lierre à d’ailleurs déjà commencé le travail sur la façade nord. Le principe du jardin vertical et de la végétalisation des murs se développe pas mal. Les techniques permettent aujourd’hui de faire des choses intéressantes et variées (voir l’article sur Wikipédia, voir aussi ce blog).

A Avignon. Photo sous licence Creative Commons, auteur Patrick Blanc

Pour ce qui est du jardin suspendu et la mise en place de terrasses là aussi s’entend à l’intérieur et à l’extérieur. A l’extérieur, nous avons des galeries qu’il est possible d’utiliser. Seulement, c’est assez limité. Par contre, à l’intérieur, il y a, je pense, des possibilités nombreuses en utilisant des terrasses, des étages.

Si ce n’est au niveau des parois avec les tribunes, les retables, les vitraux, ou les fresques ; les églises n’utilisent la verticalité que pour imposer une perspective. L’église Saint-Aubin ne déroge pas à la règle. 50 mètres, c’est une belle hauteur et tout cet espace est pour ainsi dire vide. Que d’espace perdu.

Ce que je propose, c’est la mise en place de planchers en étage qui permettraient d’utiliser enfin cette hauteur. Ces planchers devront être en verre pour laisser passer la lumière. Avec de nombreux escaliers, nous pouvons même envisager de faire une sorte de labyrinthe en trois dimensions.

Voici quelques exemples de jardins suspendus qui existent ou sont en projet un peu partout dans le monde, à Milan, à Hong-Kong, à Chicago, ici ou .

Un lieu ouvert à tous, pour des usages multiples.

Pour moi, il est important que ce lieu soit ouvert au plus grand nombre. Il doit donc être conçu pour accueillir non pas du public, mais un nombre important de publics différents. Comme il s’agit d’une église, les chrétiens devront pouvoir y retrouver leur compte, mais il devra tenir compte aussi des croyants d’autres religions et aussi des non croyants. Ce lieu devra intéresser des personnes de toutes les classes sociales et de tous les niveaux de culture. Il devra pouvoir intéresser à la fois des personnes âgées et des jeunes. Évidemment, il doit attirer tous les publics qui transitent déjà par la place Sainte Anne (voir plus haut) (peut-être pas les fêtards alcoolisés ;-) mais je pense que nous devons tenir compte aussi des punks à chiens).

Les congressistes du Couvent des Jacobins sont bien-sur un public tout particulièrement visé. J’espère aussi que le palais des congrès accueillera aussi des évènements qui intéresseront les rennais. Toujours est-il qu’une connexion avec le Couvent des Jacobins me semble indispensable.

Plus haut, j’ai parlé d’escalier, cela veut dire que les personnes à mobilité réduite (les personnes en fauteuil roulant, les personnes âgées, et toutes celles et ceux qui ont du mal à monter des marches) risqueraient de se voir empêchées de profiter pleinement du lieu, nous devrons travailler à ce que ce ne soit pas le cas.

Pour attirer tous ces publics, ce lieu doit avoir des usages multiples. Il ne doit ainsi pas être un simple jardin public, il doit aussi être un lieu de culture. La taille du bâtiment est importante, elle nous permet de penser à des espaces différents. Voici pèle-mêle ce à quoi je pense (en sachant que cette liste n’est pas fermée).

Puisque l’idée de départ est de végétaliser l’édifice, il me semble évident que la botanique doit avoir une place importante. Pourquoi ne pas mettre en place un musée pédagogique sur les plantes cultivées dans ce lieu, sur le principe de murs végétaux, sur les jardins suspendus ?

L’église Saint-Aubin bien, qu’étant un édifice récent d’à peine plus d’un siècle, a un lien historique avec la ville de Rennes (voir l’article Wikipédia cité plus haut). Ce lien avec l’histoire ne doit pas être rompu, mais au contraire mis en valeur. Il s’agit de l’histoire de la ville qui ne doit pas uniquement concerner les catholiques.

Émilie, une camarade de l’UDB qui est aussi jociste (membre de la JOC, voir l’article sur Wikipédia ) m’a rappelé que la basilique était aussi dédié à Marcel Callo (voir l’article sur Wikipédia). Elle à soufflé l’idée d’un espace qui lui serait dédié. Cet hommage devra dépasser la seule personne de Marcel Callo est rappeler les ravages du nazisme.

L’architecture gothique ou néogothique est connue pour son acoustique. Tout ce que je propose risque certainement de remettre en cause cette acoustique. Ceci dit, on peut réfléchir a conserver une partie du bâtiment pour accueillir des concerts, pas forcément de musique religieuse.

Le lieux peut aussi se concevoir comme une galerie pouvant accueillir des expositions artistiques.

Comme tout jardin public, ce lieu doit avoir des coins tranquilles où chacun lire, se reposer, ou profiter de la spiritualité préservée du lieu. Attention, lorsque je parle de spiritualité, j’estime qu’elle ne doit plus être uniquement chrétienne. Un même lieu doit pouvoir posséder une spiritualité se concevant différemment selon les personnes, spiritualité religieuse ou spiritualité non théiste.

Comme tout monument à l’origine religieux, ce lieu pourra se visiter tel qu’il est. Cela est d’autant plus vrai que l’esthétique doit être un souci majeur durant sa conception et sa construction.

En conclusion, je dirais que je suis bien conscient que ce que je propose ressemble un peu à une utopie (mais chacun sait que les utopies sont faites pour devenir réalité et nous prouver qu’elles n’en étaient pas). Je sais bien aussi que s’il se réalisait, ce projet ne verrait le jour que dans le long terme. Mais ce que je pense, c’est que la ville de Rennes a ici l’opportunité, si elle en prenait le risque, d’avoir un lieu qui n’existerait nulle part ailleurs.

#pointbzh : l’adresse de ce blog pourrait bien changer

Voila, c’est fait. Nous l’avons obtenu. Cela faisait plusieurs années que nous l’espérions sans trop oser y croire. L’Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, en français, la Société pour l’attribution des noms de domaine et des numéros sur Internet) (http://www.icann.org/ http://fr.wikipedia.org/wiki/ICANN) vient d’autoriser la création de l’extension Internet .bzh

Voir ici l’annonce sur le site de l’association http://www.pointbzh.com/index.html

En premier lieu, nous devons tous féliciter et remercier les animateurs de l’association (http://www.pointbzh.com/Notre-equipe.html) ainsi que les élus (Conseil régional, conseils généraux, dont évidemment celui de la Loire-Atlantique…), les entreprises, les associations qui ont soutenu le projet.

Maintenant, comme le précise bien l’association, cette autorisation n’est qu’un étape. Il va d’abord falloir mettre en place la plate-forme technique qui rendra cette extension effective. Ensuite les bretons qui possèdent ou souhaitent acquérir un nom de domaine sur Internet devront s’approprier l’extension.

Personnellement, j’ai hâte de pouvoir changer mon http://jefbzh.net en http://www.jef.bzh :-)

Le numéro de mai 2013 du Peuple breton

A la une de ce numéro du Peuple breton, la question de la métropolisation, mais aussi l’invité du mois : l’excellent Guillaume Duval.

L’invité du mois est donc Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques. Celles et ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux savent certainement qu’il fait partie de mes favoris du moment. Son discours sur le modèle allemand est vraiment salutaire. Lecture indispensable pour qui cherche des solutions à la crise que nous connaissons actuellement. A noter que Guillaume Duval a récemment sorti le livre Made in Germany, le modèle allemand au delà des mythes, au éditions Le Seuil (http://www.seuil.com/livre-9782021097795.htm). http://peuplebreton.net/?p=355

L’édito est signé par Gael Briand lui-même. Après l’affaire Cahuzac, il réclame une « République exemplaire » mais rappelle son opposition au « tous pourris ». Le Peuple breton annonce le lancement de l’appel Libérons les énergies en Bretagne http://galvpondi.net/.

Michel François nous livre ici une analyse critique du Grand Paris, qu’il replace notamment dans un contexte historique. http://peuplebreton.net/?p=351 Le géographe Yves Lebahy nous explique en quoi la métropolisation est un modèle en rien durable et doit être abandonné au plus vite. http://peuplebreton.net/?p=359

Arnaud Mahé revient sur le référendum raté en Alsace. Les leçons doivent être prises pour qu’en Bretagne nous ne répétions pas les mêmes erreurs. Gael Simon nous explique les tenants et aboutissants du l’écotaxe poids lourds, première taxe écologique mise en œuvre en France, et de la spécificité bretonne sur le sujet.

Dans la rubrique La Bretagne de Brest à Nantes, il est question de l’État condamné à verser 7 millions d’euro au département des Côtes-d’Armor pour l’indemniser des sommes déboursées pour nettoyer les plages des algues vertes, du débat organisé à Saint-Malo sur le journalisme et l’impertinence, de la signature par la Ville de Nantes de la charte Ya d’ar brezhoneg, de l’opération Rond-point menée par les jeunes de l’UDB à Lannester, de l’assemblée générale de KLT-Fédération des associations culturelles bretonnes du Pays de Morlaix où les élus ont été interpellés sur la langue bretonne.

Le dessin de Nono a pour sujet le débat sur le journalisme et l’impertinence (voir plus haut).

Dans sa chronique Leurre de vérité, Yann Fiévet revient sur l’affaire Cahuzac. C’est intéressant, mais contrairement à Gael dans son édito, Yann ne prend aucune précaution par rapport au « tous pourris », dommage.

Herri Gourmelen nous fait un compte-rendu rapide du colloque sur l’UDB qui avait lieu les 4 et 5 avril derniers à l’IEP de Rennes.

Naig Le Gars se félicite de la décision par le Conseil régional de Bretagne d’éditer et de diffuser dans les lycées de la région d’un film de cinq heures sur l’histoire de la Bretagne. http://peuplebreton.net/?p=363

Dans Pobl Vreizh, il est question du Tro Menez Are http://peuplebreton.net/?p=347, des questions énergétiques http://peuplebreton.net/?p=344.

Dans la rubrique Histoire, Hubert Chémerau nous raconte la vie de Michael Burn qui participa à l’opération qui permis la destruction des installations sur le port de Saint-Nazaire pendant la seconde guerre mondiale.

Patrick D Morvan nous livre un magnifique article sur les Peuls, un peuple fier qui n’a pas su tirer profit de la décolonisation et se retrouve être une minorité bien mal acceptée dans nombre de pays africains. http://peuplebreton.net/?p=333

Pierre Fourel revient sur l’assemblée général de l’Alliance libre européenne qui s’est tenue à Meran dans le Sud-Tyrol (minorité germanophone en Italie). A noter que le Peuple breton adhère au Centre Maurits Coppieters (CMC) http://www.cmc-foundation.eu/. http://peuplebreton.net/?p=372

Dans sa rubrique La Bretagne sur Internet, Alain Cédelle présente certaines marques construites sur l’appellation « Breizh ». Breizh cola http://www.breizhcola.fr, Breizh Village http://www.breizhvillage.com, Breizh en ville http://www.breizhenville.com, Breizh mobile http://www.breizhmobile.com.

La rubrique Un jour avec… est consacrée à Gael Le Ny, photographe rennais d’origine vannetaise connu pour son travail sur la minorité kurde en Turquie.

Les livres recensés ce mois-ci sont Emsav. Dictionnaire critique historique et biographique de George Cadiou, L’Amorique antique de Jean-Yves Eveillard, Terrestres de Denis Rigal, Magicus Codex. Les trois tricornes des tout-à-trac de Tristan Pichard, Chant de vision de Yann-Fañch Kemener. Le livre du mois est L’émigration bretonne de Marcel Le Moal.

Les albums recensés par Philippe Cousin dans sa rubrique Musiques de Celtie sont Room enough for all de Battlefield Band, Cosa gan Bhroga de Eithne Ni Uallachain, Gerry O’Connor et Desi Wilkinson, As it happened de Michéal O Raghal, Laigh et Danny O’Mahony, Ar uair bhig an Lae – The small hours de Muireann Nic Amhlaoibh.

Les albums recensés par Pierre Morvan dans sa rubrique Selaouit sont Blue and black zebra de Hamon-Martin, Fabulations sonores d’Alain Pennec, D’ar pevarlamm de Konogan an Habask, En arbenn de… d’Arnaud ciapolino et Roland Conq.

Pour finir, Christophe Kergosien revient sur la condamnation de l’État par la cour administrative d’appel de Nantes à verser la part restante des frais de ramassage des algues vertes à la charges de quatre communes de la baie de Lannion. http://peuplebreton.net/?p=329

Le Gwenn ha du est un drapeau progressiste par essence.

Ces derniers mois, il y a eu trois manifestation contre le droit au mariage pour tous à Rennes. A chacun de ces trois événements, j’étais présent parmi les contre-manifestants. A chaque fois, j’ai pu observer que les Gwenn ha du y étaient nombreux. Au départ, bien que désolé, je me disais qu’après tout le Gwenn ha du appartient à tous les bretons sans exclusive. Et puis hier, j’ai réfléchi.

D’abord, faisons un peu d’histoire. Si le Gwenn ha du est aujourd’hui le drapeau quasi-incontesté de la Bretagne et des bretons, il est en fait relativement récent. C’est en 1923 que Morvan Marchal créa le Gwenn ha du. Il fut utilisé pour la première fois en 1925 lors de l’exposition des Arts décoratifs de Paris par le pavillon breton.

Le Gwenn ha du (en version mouchetures innombrables). Image sous licence Creative Commons. Auteur Gwendal Le Mouel (Wikimedia Commons).

Morvan Marchal était un militant autonomiste breton de gauche (même s’il a malheureusement côtoyé des gens qui plus tard se fourvoieront dans la collaboration avec les nazis). Il était aussi franc-maçon et a d’ailleurs utilisé ses relations pour infiltrer les milieux collaborationnistes, pour le compte de la franc-maçonnerie, pendant l’occupation.

Champ d’hermines. Image sous licence Creative Commons. Auteur Gwendal Le Mouel (Wikimedia Commons).

Avant 1925, les drapeaux qui représentaient la Bretagne étaient le champ d’hermines et le Kroaz du. Le champ d’hermines est à l’origine le blason des ducs de Bretagne (à partir du règne de Jean III en 1316). Le Kroaz daterait de l’époque des croisades, il représentait la chevalerie bretonne, puis a été utilisé par la marine bretonne.

C’est bien parce que Morvan Marchal considérait le champ

Le Kroaz du

d’hermines et le Kroaz du comme étant trop connotés, monarchiste pour l’un, religieux pour l’autre, qu’il décida de créer un nouveau drapeau. Et c’est bien pour ces raisons que le Gwenn ha du à supplanté les deux autres drapeaux.

Alors, les fachos, les rétrogrades, les réactionnaires, je vous serai gré de cesser d’utiliser le Gwenn ha du. Pour vous, il y a le Kroaz du et le champ d’Hermines, je pense qu’ils vous conviendront tout à fait. Laissez-donc le Gwenn ha du à celles ceux qui ont une vision ouverte de la Bretagne.

Pour plus de précisions sur le Gwenn ha du http://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_de_la_Bretagne. Merci de ne pas tenir compte de l’article sur Morvan Marchal. Ayant fait l’objet d’une attaque d’édition de la part des amis de Françoise Morvan, elle est quelque peu sujette à caution.