#pointbzh : l’adresse de ce blog pourrait bien changer

Voila, c’est fait. Nous l’avons obtenu. Cela faisait plusieurs années que nous l’espérions sans trop oser y croire. L’Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, en français, la Société pour l’attribution des noms de domaine et des numéros sur Internet) (http://www.icann.org/ http://fr.wikipedia.org/wiki/ICANN) vient d’autoriser la création de l’extension Internet .bzh

Voir ici l’annonce sur le site de l’association http://www.pointbzh.com/index.html

En premier lieu, nous devons tous féliciter et remercier les animateurs de l’association (http://www.pointbzh.com/Notre-equipe.html) ainsi que les élus (Conseil régional, conseils généraux, dont évidemment celui de la Loire-Atlantique…), les entreprises, les associations qui ont soutenu le projet.

Maintenant, comme le précise bien l’association, cette autorisation n’est qu’un étape. Il va d’abord falloir mettre en place la plate-forme technique qui rendra cette extension effective. Ensuite les bretons qui possèdent ou souhaitent acquérir un nom de domaine sur Internet devront s’approprier l’extension.

Personnellement, j’ai hâte de pouvoir changer mon http://jefbzh.net en http://www.jef.bzh :-)

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Le numéro de mai 2013 du Peuple breton

A la une de ce numéro du Peuple breton, la question de la métropolisation, mais aussi l’invité du mois : l’excellent Guillaume Duval.

L’invité du mois est donc Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques. Celles et ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux savent certainement qu’il fait partie de mes favoris du moment. Son discours sur le modèle allemand est vraiment salutaire. Lecture indispensable pour qui cherche des solutions à la crise que nous connaissons actuellement. A noter que Guillaume Duval a récemment sorti le livre Made in Germany, le modèle allemand au delà des mythes, au éditions Le Seuil (http://www.seuil.com/livre-9782021097795.htm). http://peuplebreton.net/?p=355

L’édito est signé par Gael Briand lui-même. Après l’affaire Cahuzac, il réclame une « République exemplaire » mais rappelle son opposition au « tous pourris ». Le Peuple breton annonce le lancement de l’appel Libérons les énergies en Bretagne http://galvpondi.net/.

Michel François nous livre ici une analyse critique du Grand Paris, qu’il replace notamment dans un contexte historique. http://peuplebreton.net/?p=351 Le géographe Yves Lebahy nous explique en quoi la métropolisation est un modèle en rien durable et doit être abandonné au plus vite. http://peuplebreton.net/?p=359

Arnaud Mahé revient sur le référendum raté en Alsace. Les leçons doivent être prises pour qu’en Bretagne nous ne répétions pas les mêmes erreurs. Gael Simon nous explique les tenants et aboutissants du l’écotaxe poids lourds, première taxe écologique mise en œuvre en France, et de la spécificité bretonne sur le sujet.

Dans la rubrique La Bretagne de Brest à Nantes, il est question de l’État condamné à verser 7 millions d’euro au département des Côtes-d’Armor pour l’indemniser des sommes déboursées pour nettoyer les plages des algues vertes, du débat organisé à Saint-Malo sur le journalisme et l’impertinence, de la signature par la Ville de Nantes de la charte Ya d’ar brezhoneg, de l’opération Rond-point menée par les jeunes de l’UDB à Lannester, de l’assemblée générale de KLT-Fédération des associations culturelles bretonnes du Pays de Morlaix où les élus ont été interpellés sur la langue bretonne.

Le dessin de Nono a pour sujet le débat sur le journalisme et l’impertinence (voir plus haut).

Dans sa chronique Leurre de vérité, Yann Fiévet revient sur l’affaire Cahuzac. C’est intéressant, mais contrairement à Gael dans son édito, Yann ne prend aucune précaution par rapport au « tous pourris », dommage.

Herri Gourmelen nous fait un compte-rendu rapide du colloque sur l’UDB qui avait lieu les 4 et 5 avril derniers à l’IEP de Rennes.

Naig Le Gars se félicite de la décision par le Conseil régional de Bretagne d’éditer et de diffuser dans les lycées de la région d’un film de cinq heures sur l’histoire de la Bretagne. http://peuplebreton.net/?p=363

Dans Pobl Vreizh, il est question du Tro Menez Are http://peuplebreton.net/?p=347, des questions énergétiques http://peuplebreton.net/?p=344.

Dans la rubrique Histoire, Hubert Chémerau nous raconte la vie de Michael Burn qui participa à l’opération qui permis la destruction des installations sur le port de Saint-Nazaire pendant la seconde guerre mondiale.

Patrick D Morvan nous livre un magnifique article sur les Peuls, un peuple fier qui n’a pas su tirer profit de la décolonisation et se retrouve être une minorité bien mal acceptée dans nombre de pays africains. http://peuplebreton.net/?p=333

Pierre Fourel revient sur l’assemblée général de l’Alliance libre européenne qui s’est tenue à Meran dans le Sud-Tyrol (minorité germanophone en Italie). A noter que le Peuple breton adhère au Centre Maurits Coppieters (CMC) http://www.cmc-foundation.eu/. http://peuplebreton.net/?p=372

Dans sa rubrique La Bretagne sur Internet, Alain Cédelle présente certaines marques construites sur l’appellation « Breizh ». Breizh cola http://www.breizhcola.fr, Breizh Village http://www.breizhvillage.com, Breizh en ville http://www.breizhenville.com, Breizh mobile http://www.breizhmobile.com.

La rubrique Un jour avec… est consacrée à Gael Le Ny, photographe rennais d’origine vannetaise connu pour son travail sur la minorité kurde en Turquie.

Les livres recensés ce mois-ci sont Emsav. Dictionnaire critique historique et biographique de George Cadiou, L’Amorique antique de Jean-Yves Eveillard, Terrestres de Denis Rigal, Magicus Codex. Les trois tricornes des tout-à-trac de Tristan Pichard, Chant de vision de Yann-Fañch Kemener. Le livre du mois est L’émigration bretonne de Marcel Le Moal.

Les albums recensés par Philippe Cousin dans sa rubrique Musiques de Celtie sont Room enough for all de Battlefield Band, Cosa gan Bhroga de Eithne Ni Uallachain, Gerry O’Connor et Desi Wilkinson, As it happened de Michéal O Raghal, Laigh et Danny O’Mahony, Ar uair bhig an Lae – The small hours de Muireann Nic Amhlaoibh.

Les albums recensés par Pierre Morvan dans sa rubrique Selaouit sont Blue and black zebra de Hamon-Martin, Fabulations sonores d’Alain Pennec, D’ar pevarlamm de Konogan an Habask, En arbenn de… d’Arnaud ciapolino et Roland Conq.

Pour finir, Christophe Kergosien revient sur la condamnation de l’État par la cour administrative d’appel de Nantes à verser la part restante des frais de ramassage des algues vertes à la charges de quatre communes de la baie de Lannion. http://peuplebreton.net/?p=329

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Le Gwenn ha du est un drapeau progressiste par essence.

Ces derniers mois, il y a eu trois manifestation contre le droit au mariage pour tous à Rennes. A chacun de ces trois événements, j’étais présent parmi les contre-manifestants. A chaque fois, j’ai pu observer que les Gwenn ha du y étaient nombreux. Au départ, bien que désolé, je me disais qu’après tout le Gwenn ha du appartient à tous les bretons sans exclusive. Et puis hier, j’ai réfléchi.

D’abord, faisons un peu d’histoire. Si le Gwenn ha du est aujourd’hui le drapeau quasi-incontesté de la Bretagne et des bretons, il est en fait relativement récent. C’est en 1923 que Morvan Marchal créa le Gwenn ha du. Il fut utilisé pour la première fois en 1925 lors de l’exposition des Arts décoratifs de Paris par le pavillon breton.

Le Gwenn ha du (en version mouchetures innombrables). Image sous licence Creative Commons. Auteur Gwendal Le Mouel (Wikimedia Commons).

Morvan Marchal était un militant autonomiste breton de gauche (même s’il a malheureusement côtoyé des gens qui plus tard se fourvoieront dans la collaboration avec les nazis). Il était aussi franc-maçon et a d’ailleurs utilisé ses relations pour infiltrer les milieux collaborationnistes, pour le compte de la franc-maçonnerie, pendant l’occupation.

Champ d’hermines. Image sous licence Creative Commons. Auteur Gwendal Le Mouel (Wikimedia Commons).

Avant 1925, les drapeaux qui représentaient la Bretagne étaient le champ d’hermines et le Kroaz du. Le champ d’hermines est à l’origine le blason des ducs de Bretagne (à partir du règne de Jean III en 1316). Le Kroaz daterait de l’époque des croisades, il représentait la chevalerie bretonne, puis a été utilisé par la marine bretonne.

C’est bien parce que Morvan Marchal considérait le champ

Le Kroaz du

d’hermines et le Kroaz du comme étant trop connotés, monarchiste pour l’un, religieux pour l’autre, qu’il décida de créer un nouveau drapeau. Et c’est bien pour ces raisons que le Gwenn ha du à supplanté les deux autres drapeaux.

Alors, les fachos, les rétrogrades, les réactionnaires, je vous serai gré de cesser d’utiliser le Gwenn ha du. Pour vous, il y a le Kroaz du et le champ d’Hermines, je pense qu’ils vous conviendront tout à fait. Laissez-donc le Gwenn ha du à celles ceux qui ont une vision ouverte de la Bretagne.

Pour plus de précisions sur le Gwenn ha du http://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_de_la_Bretagne. Merci de ne pas tenir compte de l’article sur Morvan Marchal. Ayant fait l’objet d’une attaque d’édition de la part des amis de Françoise Morvan, elle est quelque peu sujette à caution.

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Manifestation contre l’homophobie à Rennes le 27 avril : mon intervention

Même si nous devons attendre la décision du Conseil constitutionnel avant de crier victoire définitivement, nous pouvons nous réjouir du vote de la loi sur le mariage pour tous. Si cette loi est importante, ce n’est pas pour le mariage qui n’est au fond qu’un symbole aujourd’hui un peu désuet. Cette loi est importante parce qu’elle reconnait les couples homosexuels comme des couples normaux qui ont les mêmes droits que les couples hétérosexuels.

Et c’est bien cela qui révulse tant les opposants au mariage pour tous. Les personnes homosexuelles vont enfin pouvoir accéder à la normalité, non pas au sens où nous, nous pourrions l’entendre, mais au sens où eux, petits bourgeois catholiques et bien-pensants l’entendent : une famille classique avec un couple stable, des enfants, un chien, un poisson rouge…

Ces couples homosexuels et ces familles homoparentales qui n’ont pas attendu la loi pour exister, n’étaient tolérés que parce qu’ils étaient relégués dans une clandestinité honteuse. A partir de maintenant, ces couples et ces familles seront reconnus comme tels et c’est bien cela qui est insupportable pour nos opposants.

Bien sur, cette reconnaissance par les institutions n’est qu’une étape nécessaire mais insuffisante. Avoir le droit de se marier c’est bien, mais à quoi cela sert-il si on ne peut pas se promener sereinement et librement dans la rue sans avoir à subir les jugements et la violence verbale ou physique ? Le combat n’est donc pas fini, loin de là.

Après la reconnaissance par les institutions, c’est, au delà de la tolérance, l’acceptation par la société que nous devons obtenir. C’est un combat qui sera long et devra se mener partout, tout le temps, et par tous : homo bi trans et hétéro, élus et simples citoyens, société civile et acteurs économiques.

Photo prise prise le 19 janvier à l’issue d’une manifestation pour le mariage pour tous.

Ce combat doit aussi dépasser la seule lutte contre l’homophobie. Ce que nous devons combattre c’est l’idée que pour être égal il faudrait être semblable. A l’Union démocratique bretonne, nous connaissons que trop bien cette idée archaïque et délétère.

Nous devons refuser cet état de fait et crier haut et fort que oui, nous sommes tous différents et que malgré ces différences, et je dirais même grâce à ces différences, nous sommes tous égaux et que nous construisons ensemble, la même société.

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Rassemblement contre les violences homophobes et transphobes le 27 avril à Rennes

Je n’ai pas l’habitude de diffuser sur ce blog des textes que je n’ai pas écrits. Je fais ici une exception car je pense que l’affaire est particulièrement grave et qu’à une semaine de la manifestation, l’information ne circule pas assez.

Le site du CLGBT de Rennes http://www.cglbtrennes.org/

Communiqué du CGLBT de Rennes

Rassemblement contre les violences homophobes et transphobes le 27 avril à Rennes

Le CGLBT de Rennes organise samedi 27 avril, à 15 h, un rassemblement place de la Mairie afin de dénoncer les nombreuses violences LGBTphobes accompagnant le débat sur le mariage pour tous.

Le weekend dernier fut le théâtre d’actes haineux à Paris : deux violentes agressions homophobes et la vandalisation d’un salon associatif LGBT. La semaine passée, le GUD appelait à “casser du PD”. Au Sénat, l’arrivée du débat sur le mariage pour tous a ouvert une nouvelle tribune aux propos homophobes, transphobes et sexistes.

Le verrou qui contenait les haines a sauté. Militants associatifs assurant des missions d’accueil et d’écoute de victimes de discriminations, nous constatons objectivement une recrudescence des insultes et des actes d’intimidation au travail, dans la rue, à l’école ou au sein du cercle familial.

Le débat législatif agit comme révélateur de l’hostilité envers les personnes LGBT. À déguiser leurs injures en arguments, les mouvements conservateurs banalisent l’idée que la haine est acceptable. L’homophobie n’est pas une opinion, c’est un délit, puni par la loi. Ne rien dire, ne rien faire, c’est cautionner ces violences.

Alors que de la société et toute la classe politique les voix devraient vivement s’élever face aux haines, le silence du plus grand nombre est un heurt supplémentaire. Dans le même temps, nous voyons peu à peu la majorité reculer sur ses positions et ses engagements. Les personnes LGBT sont-elles abandonnées à leur sort ? Nous refusons cette situation, au nom du droit à la dignité et au respect.

Voilà pourquoi nous invitons les associations, les mouvements politiques et les organisations syndicales, les citoyens et les citoyennes attachées aux valeurs de respect et de fraternité, à se mobiliser. Joignons nos voix contre la haine et la résurgence des mouvements extrémistes violents. Nous appelons à la tenue d’un rassemblement le 27 avril prochain, à 15 heures, place de la Mairie à Rennes.

Dans ce contexte hostile, les personnes LGBT ne doivent pas s’isoler. Près d’elles, des associations existent, prêtes à les accueillir. Ainsi, le CGLBT de Rennes continue plus que jamais d’apporter un espace bienveillant pour celles et ceux en ayant besoin. Aux lâches qui brandissent la peur et la violence, nous opposons la solidarité et l’humanité.

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Le numéro d’avril 2013 du Peuple breton

Avec ce numéro, le Peuple breton interpelle clairement le PS au pouvoir, ou plus particulièrement les membres du PS qui sont favorables à plus de pouvoir pour les régions (et notamment en Bretagne) et qui sont bien forcés de constater, avec nous, que la grande réforme annoncée est aujourd’hui bien décevante.

La une met aussi en avant Jean-Yves Le Drian. C’est en effet la première fois qu’un ministre en exercice répond aux questions du Peuple breton.

L’invité du mois est Jean-Louis Normandin, président de l’association Otages du monde et qui fut lui-même otage au Liban pendant 628 jour. Il aborde la question bien difficile de l’attitude à avoir face aux preneurs d’otages.

L’édito est signé par Mona Bras. Elle revient sur les renoncements, les reniements et les reculs du gouvernement notamment sur le sujet des langues régionales, et appelle à la mobilisation.

Gael Briand fait le point sur la dernière version du projet de loi sur la décentralisation, et parle d’un acte manqué. Herri Gourmelen, président du groupe UDB au Conseil régional de Bretagne revient sur la contribution du Conseil régional à l’acte III de la décentralisation (ce document est téléchargeable http://www.udb-bzh.net/images/2013/20130300/session-conseil-regional-bretagne/decentralisation_conseilregional-mars2013.pdf). Herri rappelle que c’est l’UDB qui est à l’origine de l’élaboration de ce document. Il rappelle aussi que si la gauche à voté unanimement pour ce document, la droite, elle, a voté contre.

Yann Syz était présent aux 2èmes rencontres sur l’avenir des villes en Bretagne, coordonnées par les agences d’urbanisme et de développement de Bretagne. Il en fait un compte-rendu qui montre que l’idée de la défense du polycentrisme breton est partagée, mais pas par tout le monde.

Gael Simon analyse les reculs sur la question des langues régionales dénoncés par Mona dans son édito. Gael Briand, quant à lui, revient sur le rejet par le Sénat de l’amendement dit « Le Fur-de Rugy ». Ce rejet rend la réunification administrative de la Bretagne particulièrement difficile. Que peut-on attendre des déclarations de Christiane Taubira annonçant que « que des opportunités vont se présenter assez rapidement [...] » ?

Patrick D Morvan nous livre ce mois-ci un article bien détaillé sur la pêche à pied, son histoire, les différentes pratiques, les risques, les conflits d’usages, et bien sur les impacts sur les écosystèmes et la biodiversité.

Les caricatures de Nono sont consacrées au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Certains dessins sont (d’après ce que je comprends) anciens, mais toujours d’actualité.

Dans la rubrique La Bretagne de Brest à Nantes, il est question de la chaine humaine contre le nucléaire civile et militaire au Faou, de la réaction de Ronan Kerdraon, sénateur des Côtes-d’Armor, au renoncement du président de la République de faire ratifier la charte européenne des langues régionales, des bon résultats du bio en Loire-Atlantique, du développement de la filière bilingue à Auray, de la manifestation antifasciste à Chartes-de-Bretagne (voir aussi ici http://jefbzh.net/manifestation-antifasciste-le-23-mars/)

Dans sa chronique Leurre de vérité, Yann Fiévet s’attarde sur un sujet qui d’après ce qu’il écrit « tous comptes faits, n’intéresse probablement pas grand monde. » C’est à n’y rien comprendre :-p

Dans Pobl Vreizh, il est question du haut débit dans le Kreiz Breizh, de la mise en place d’une épicerie solidaire étudiante à Brest, des effets de la télévision sur la baisse du niveau scolaire.

Dans la rubrique Histoire, Jean-Jacques Monnier nous présente Louis Guilloux, écrivain briochin bien connu, mais qui fut aussi un militant breton.

A l’international, Enora Molac nous trace un bilan contrasté de l’action d’Hugo Chavez au Venezuela. Comme je l’ai dit plus haut, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a répondu aux questions du Peuple breton. Malgré les appels du pied du PB, aucun soutien aux touareg n’est esquissé. Francesco Ditaranto revient sur le mouvement populiste « 5 étoiles » de Beppe Grillo.

Dans sa rubrique La Bretagne sur Internet, Alain Cedelle nous parle d’art contemporain avec le site du réseau « Art contemporain en Bretagne » http://www.artcontemporainbretagne.org, le site du Hangar à bananes à Nantes http://www.hangarabananes.fr, le site des fonds régionaux d’art contemporain http://prod-frac.integra.fr, et le site de l’Artothèque à Hennobont http://www.bm-hennebont.fr.

Un jour avec… est consacré à Michel François, militant et ancien responsable à l’UDB, conseiller municipal à Saint-Herblain. Il fut un des pionniers du mouvement pour la réunification administrative de la Bretagne (cofondateur de B5 puis du CUAB). Il a aussi à son actif une grève de la faim en 1991 pour dénoncer les blocages au développement de la langue bretonne en Loire-Atlantique. Vous pouvez suivre l’analyse pointue de Michel sur son blog http://www.stervlan-mf.info.

Les livres recensés ce mois-ci sont Dommages de guerre d’Anne Guillou, Onze référendums simultanés : un choc de confiance démocratique de Pascal Jan et Olivier Rozenberg, Les Naufragés de l’oubli de Didier San Martin, La Bataille de Kerguidu, mythe et réalité d’Albert Laot, Les Damnés de Ceallach de David Le Yaouang. Le livre du mois est Le Coq, l’Hermine et le Croissant d’Erwan Evenou.

Les albums recensés par Philippe Cousin dans sa rubrique Musiques de Celtie sont Shamrock City de Solas, Down the green fields de Bua, Triad de Sylvain Barou, Donal Lunny et Padraig Rynne, Angels without wings de Heidi Talbot.

Les album recensés par Pierre Morvan dans sa rubrique Selaouit sont Lyannaj neve de Carré Manchot et Akiyo Ka, Idéal Jazz d’Yves Menez, Boked an euredenn d’Armel An Héjer, Gens Cambrina de Violaine Mayor.

Pour finir, dans une rubrique Déchets, Françoise Ramel-Flageul dénonce les insuffisances du plan de prévention et de gestion des déchets non dangereux du Morbihan. Catherine Rozé revient sur le rassemblement contre le projet de centre d’enfouissement à Gaël dans le Pays de Brocéliande.

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Manifestation antifasciste le 23 mars à Chartes-de-Bretagne : mon intervention.

Breizh AntifaL’organisation d’extrême-droite « Jeune-Bretagne » organisait une journée sur le thème de la crise sur la commune de Chartes-de-Bretagne, à proximité donc de l’usine PSA La Janais actuellement en difficulté. Des organisations parmi les plus radicales en Europe avaient été invitées.

Le réseau de vigilance 35 contre le racisme et la xénophobie d’Etat et le collectif antifasciste rennais ont décidé d’agir et on organisé une manifestation le jour même dans les rues de Chartres. Voir l’article sur le site du collectif antifa avec le texte d’appel à la manifestation et la présentation des mouvements qui participaient à la journée organisée par « Jeune Bretagne » http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/?p=984

L’Union démocratique bretonne, en tant que membre du réseau de vigilance, appelait à cette manifestation. Deux communiqués ont été publiés, l’un du parti (http://www.udb-bzh.net/index.php/fr/blog/communiques/2839-le-racisme-ne-passera-pas-par-chartres-de-bretagne), l’autre des Jeunes (http://udbjeunes.com/2013/03/20/ludb-jeunes-appelle-a-manifester-contre-lextreme-droite-ce-samedi-23-mars-a-chartres-de-bretagne/)

Près de 500 personnes ont répondu présentes. L’ensemble de la gauche y était représentée (notons l’absence du PRG, de LO et du POI). A la fois des anarchistes, des élus, des militants politiques, des militants associatifs, des militants syndicaux, des membres de collectifs, de simples citoyens. Le maire de la ville, Philippe Bonnin et la députée de la circonscription, Marie-Anne Chapdelaine y participaient. L’UDB y tenait sa place avec une bonne quinzaine de militants et sympathisants (merci à eux, en particulier les nantais et lorientais qui avaient fait le déplacement).

Les organisations étaient invitées à prendre la parole. En tant que responsable de la section de Rennes, c’est moi qui m’y suis collé. Voici le texte de mon intervention.

En ce moment, des fascistes de la pire espèce sont réunis à moins d’un kilomètre de là. Face à l’organisation de cet évènement par l’extrême-droite, il était légitime de se poser la question s’il fallait ou non réagir, au risque de leur faire de la publicité. Pour l’Union démocratique bretonne, la réponse est claire : nous ne pouvons pas laisser l’extrême-droite avancer ses pions sans réagir.

Depuis quelques années déjà, la tendance identitaire tente de s’implanter en Bretagne. Cette tendance s’est rendu particulièrement visible à Rennes ces dernières semaines.

La Bretagne est une terre d’ouverture et d’accueil et elle entend le rester. Les idées nauséabondes de ces gens sont totalement incompatibles avec ce qu’est la Bretagne aujourd’hui. Et nous devons faire en sorte qu’il en soit encore ainsi demain.

L’Union démocratique bretonne a toujours dénoncé les agissements de l’extrême-droite et continuera toujours à le faire. Et ce malgré les menaces et les complications judiciaires que nous avons pu subir et subiront encore.

L’histoire a malheureusement démontré que les périodes de crise économique étaient les plus propices à la monté des idées d’extrême-droite. Certains l’ont bien compris. Et si l’extrême-droite prétend organiser un débat sur le thème de la crise, précisément à proximité d’une usine en difficulté, ce n’est certainement pas un hasard.

Si la période que nous vivons actuellement est favorable aux idées de l’extrême-droite, nous nous devons d’être encore plus vigilants et offensifs.

Pour l’Union démocratique bretonne, l’humanité ne relèvera les défis auxquels elle est confrontée qu’à la condition de s’unir dans un respect mutuel, de faire acte de solidarité au sens le plus fort du terme : en reconnaissant que nous sommes tous responsables les uns des autres.

Plutôt que craindre les militants d’extrême-droite, profitons de leurs attaques malsaines contre tout ce qui est différent d’eux pour dire haut et fort qu’on peut être différents et égaux quand-même. Ceux qui pensent qu’il faut être semblables pour être égaux, quels qu’ils soient, n’ont au fond, rien compris a ce qu’est l’égalité.

Maintenant, la lutte continue. Si vous êtes rennais, je vous invite à entrer en contact avec le réseau de vigilance (http://www.vigilance-35.org/) ou le collectif antifa (http://www.antifabzh.lautre.net/), selon votre degré de radicalité. N’hésitez pas à décoller affiches et autocollants (faites attention tout de même, certains de sont fait tabassés pour s’être faits surprendre).

Mais n’oublions pas que la lutte contre l’extrême-droite passe aussi par la lutte contre son influence dans le reste du monde politique. A droite, et en particulier au sein de l’UMP, cette influence est forte, nous ne le savons que trop bien. Mais cette influence se fait malheureusement aussi sentir à gauche, notamment dans l’attitude ou les propos de certains responsables, d’un certain ministre par exemple, ou d’un leader bien connu de la gauche jacobine (et donc nationaliste).

La vigilance doit être constante. La réponse à l’extrême-droite doit être multiple et sans relâche.

Merci à Yan Bol pour les photos.

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Le numéro de mars 2013 du Peuple breton

Une fois n’est pas coutume, je serai quelque peu critique vis à vis du dernier numéro du Peuple breton, à cause d’un article qui me gène. Je pense que quand on n’est pas d’accord avec ce qui est écrit dans le PB, il faut savoir le dire. Sinon, le fait d’en dire généralement du bien n’aurait plus aucune valeur.

 

L’invité du mois est Daniel Le Couédic, historien et architecte. Il affirme qu’il n’est pas pertinent de parler d’étalement urbain et de périurbanisation pour la Bretagne. Son propos est intéressant et doit être pris en compte. Seulement, dans ses exemples, il ne cite que Brest, du coup, je me demande s’il considère aussi les agglomérations rennaise et nantaise dans sa réflexion (où la situation est quand-même différente).

L’édito est signé par Herri Gourmelen et dénonce le grand flou de la dernière mouture du projet de loi sur la décentralisation. Sur certains aspects, il s’agit même de redonner du pouvoir aux préfets. Gael Briand présente aussi les amendements au projet de loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République déposés par Paul Molac à l’Assemblée Nationale. Ce projet de loi avait en effet totalement oublié les langues régionales.

Nous avons ensuite une double page où Kristian Guyonvarc’h, rapporteur général du budget au Conseil régional de Bretagne, nous présente justement le budget 2013 de la région. Un budget où la région investit de manière importante, notamment dans le transport ferroviaire (TER, LGV).

Dans la rubrique La Bretagne de Brest à Nantes, il est question de la mobilisation contre le projet de centre de stockage de déchets dangereux sur la commune de Gael en Ille-et-Vilaine, de l’immolation d’un chômeur en fin de droit à Nantes, de la manifestation pour défendre l’emploi à Lannion, du nouvel hôpital à Lorient sans la moindre trace de breton dans la signalétique, de la disparition de la compagnie aérienne Brit Air.

Dans sa caricature du mois, Nono présente DSK sous la forme d’un cochon, avec une Marcela Iacub dénudée (on a bien compris que Nono aimait bien dessiner les femmes à poil).

Et voici donc l’article qui me pose problème. Il s’agit d’un article signé par Alain Le Sann, secrétaire du collectif Pêche et développement de Lorient. L’article porte sur les réserves marines, accusées d’être un accaparement des océans et une dépossession des pêcheurs.

Ce qui me gène dans cet article, c’est d’une part un problème d’équilibre (on y parle beaucoup de situation anciennes en Afrique et en Amérique, essentiellement pour condamner l’idée de réserves, et finalement très peu du vrai sujet de l’article : les réserves marines en Europe. De fait, on y parle pratiquement pas des raisons pour lesquelles ces réserves marines seraient inefficaces ni des solutions alternatives) et d’autre part le procédé utilisé qui ne me parait pas vraiment honnête (on ne peut pas comparer aussi facilement le sort de peuples indigènes vivant en harmonie avec leur environnement honteusement spoliés de leurs terres, et une activité économique de plus en plus industrielle et technologique qui est certes en difficultés mais a longtemps été bien peu soutenable).

Après, il faut préciser que cet article est la synthèse d’un document de 14 pages (http://www.crisla.org/IMG/pdf/les_eco-conquerants_pdf-2.pdf). Passer de 14 à 3 pages n’est une chose aisée. Équilibres et enchainements ont pu être modifiés. Je vais donc lire avec attention ce document, faire murir ma réflexion, et écrire un article dédié sur ce blog.

Je trouve que la chronique de Yann Fiévet, Leurre de vérité, tranche avec l’article précédent. Yann nous rappelle la menace bien réelle d’un effondrement de notre société à cause de la crise écologique que nous commençons à connaitre. Il nous rappelle aussi que le développement durable (tel qu’il nous a été vendu, ajouterais-je) a été totalement inefficace.

Raymond Géléoc a recueilli le témoignage de Philippe Chon, viticulteur dans le Pays Nantais qui essaie de faire vivre le caractère breton du vignoble nantais. La pression ligérienne est rude, notamment via le syndicat interprofessionnel Interloire.

Gael Briand revient sur la mobilisation pour une télé publique régionale bretonne. Il nous présente aussi certaines création culturelles en Bretagne telles que Glenmor l’insoumis, Frankiz, les Bretons dans les guerres, Alanig al Louarn ou Yerma.

Au sommaire de Pobl Vreizh, les ondes électromagnétiques, la Redadeg 2014, Radio Kerne, la situation économique en Allemagne.

Dans la rubrique Histoire, Jacques-Yves Le Touze nous explique les liens entre des problèmes de succession pour la couronne anglaise et la fin de l’indépendance de la Bretagne à la fin du XVième siècle.

Pierre Le Rest et Jakez Louër ont interviewé Mohamed Elmoctar, touareg vivant en Bretagne et membre du MNLA. Mohamed nous raconte l’histoire du mouvement touareg en Azawad et ce qui c’est passé là-bas ces derniers mois.

Ce mois-ci, Patrick D Morvan nous livre un article sur la situation de la Moldavie, petit pays (de la taille de la Bretagne), coincé entre la Roumanie et l’Ukraine (et surtout, toujours sous l’influence de la Russie).

Je me permets de faire ici une suggestion. Je ne sais pas si Patrick lit ce blog, je sais par-contre que Gael le lit. Patrick a l’habitude d’écrire de bons articles, notamment sur les questions environnementales. On voit aussi qu’il sait se documenter pour écrire sur des sujets qu’au départ il ne maitrise pas forcément. L’article sur les réserves marines me fait penser qu’il y aurait besoin d’un article sur la situation des écosystèmes marins, la baisse des réserves et la nécessaire évolution de la pêche en Bretagne. Je me dit que Patrick est sans-doute le mieux placé pour écrire un tel article.

La rubrique Un jour avec… est consacrée à Raymond Robic, agriculteur en retraite, militant à la Confédération Paysanne, et un des personnages d’un documentaire, Mille et une traites, dont le sujet est la difficile transmission d’une exploitation agricole à un jeune.

Les livres recensés ce mois-ci sont Les Peuples fondateurs à l’origine de la Gaule de Fabien Régnier et Jean-Pierre Drouin, Dictionnaire de la mythologie et de la religion celtiques de Philippe Jouët, Le Vauban : un siècle d’histoire brestoise d’Olivier Polard et Yan Le Gat, Dédée mitrailleuse d’Andrée Postic et Mémoires d’un beatnik bas-breton. Le livre du mois est Les fins dernières d’un poète de Naïg Rozmor et Chantal Gombert.

Les albums recensés par Philippe Cousin dans sa rubrique Musiques de Celtie sont Open the door for three de Réalta, The rights of man de Colm Gannon, Sock in the Frying Pan, et Amazin Kelt de Renésens.

Les albums recensés par Pierre Morvan dans sa rubrique Selaouit sont Ukronia d’Erik Marchand, Kingdom tavern de Soldat Louis, Kazut de Tyr de Gaby Kerdoncuff, Jean Le Floc’h et Yves-Marie Berthou (avis personnel : c’est un petit bijou que conseille vivement) et Duo Blain-Leyzour avec Guillaume Blain et Claire Leyzour.

Pour finir, à l’occasion des vingt ans du festival Il fait un temps de poèmes, Klaod Thomas donne la parole au poète Yvon le Men.

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Alors indignons-nous, réfléchissons, agissons !

Cette semaine est décédé Stéphane Hessel. C’était un homme sincère et honnête qui s’engageait pleinement dans les combats qu’il estimait justes et nécessaires. Et des combats, il en a eu. Contre le nazisme, pour les droits humains, pour les sans-papiers, pour le peuple palestinien, pour la paix. En cela il mérite qu’on l’honore.

Photo sous licence Creative Commons, auteur Rama

Il est mort à l’age plus que respectable de 95 ans. Il attendait la mort avec sérénité et même avec curiosité. Nous n’avons donc pas à être tristes de son départ. La mort fait partie de la vie, tout simplement. Je pense que ce qui est important dans la vie d’un homme (ou la vie d’une femme), c’est ce qu’il laisse derrière lui (elle). Et je pense que Stéphane Hessel laisse tout plein de choses.

Un appel, beaucoup lu, mais finalement peu suivi.

Et la chose la plus importante qu’il laisse, c’est son appel à l’indignation. Appel qu’il a lancé en écrivant un opuscule intitulé Indignez-vous ! Ce petit livre a été un véritable succès en librairie. Personne ne s’y attendait, et certainement pas son auteur.

Et son appel a inspiré un mouvement qui était justement en train d’émerger en Espagne. Quelle a été l’influence sur ce mouvement des indignados ? Difficile à dire. Sans cet appel, le mouvement aurait, je pense, quand-même existé, peut-être aurait-il pris un autre nom. http://www.courrierinternational.com/article/2013/02/28/en-espagne-les-indignes-reagissent-a-la-mort-de-stephane-hessel.

En France, le mouvement a très peu pris, malgré un contexte (sarkozyste) pourtant propice à l’indignation. Cela peut tendre à accréditer le fait que le mouvement en Espagne avait finalement peu à voir avec l’appel lancé par Stéphane Hessel.

D’ailleurs, le mouvement des indignés à sans-doute plus de ressemblance avec le mouvement Occupy Wall Street au États-Unis qu’avec l’appel de Stéphane Hessel. Or OWS n’a à aucun moment fait référence à Stéphane Hessel.

D’ailleurs, quand j’observe autours de moi, dans la rue, dans la société, je ne remarque pratiquement pas d’indignation. Il y a eu plus de deux millions de lecteurs de l’opuscule. Ou sont-elles donc passées ces deux millions de personnes ? L’appel reste donc lancé, il attend encore d’être saisi.

Un grand naïf.

Dans cet appel à l’indignation, Stéphane Hessel nous laisse finalement très libres. Libres dans le choix des combats, libres dans les suites que nous devons donner à notre indignation, libres dans la façon de nous organiser.

C’est sans-doute une force. Mais cela peut aussi être une limite, car l’indignation ne suffit pas à elle-même. Pour être efficace, elle doit être suivie d’autres étapes (nous y reviendrons). Et finalement, cette liberté mise en avant est peut-être le signe d’une naïveté.

Car quand on s’intéresse à la vie de Stéphane Hessel (voir cet article sur Slate : http://www.slate.fr/story/68831/stephane-hessel-bal-hypocrites-gauche-droite), quand on lit ou on écoute des interviews, ont se dit qu’il était quelque part un grand naïf, qui voulait changer le monde mais ne savait pas trop comment s’y prendre.

Alors oui, je pense que Stéphane Hessel était un grand naïf, mais ça ne me pose aucun problème, bien au contraire, oserais-je dire. Car je pense que c’est précisément cette naïveté qui en a fait un grand homme. C’est cette naïveté qui l’a poussé à s’engager dans des combats perdus d’avance, à toujours y croire, et à ne jamais baisser les bras.

Et c’est cette naïveté qui fait que son message est si important. C’est un message éminemment optimiste et porteur d’espoir, que seul un grand naïf peut transmettre. Et c’est précisément cet optimisme et cet espoir qui font toute sa force. « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait » disait Mark Twain. Cette phrase est, je trouve, une belle illustration de ce qu’était la naïveté de Stéphane Hessel.

Et c’est cette naïveté qui doit finalement nous inspirer, car c’est la seule capable de nous faire agir lorsque la situation parait bloquée et que les causes paraissent perdues d’avance. C’est la seule capable de nous pousser à changer et faire changer les choses.

L’indignation est nécessaire.

En quoi cet appel à l’indignation est-il si important ? En quoi mérite-t-il qu’on le relaie autant ? En quoi permettra-t-il de faire changer les choses ? Ces questions sont légitimes. L’indignation est avant tout un sentiment. Elle relève de l’ordre de l’irrationnel, de la passion. Or en politique il est préférable d’être sensé, réfléchi.

De plus, les indignés espagnols ont démontré que l’indignation seule pouvait s’avérer contre-productive. Tout ce qu’ils ont réussi à faire, c’est faciliter l’arrivée au pouvoir de la droite post-franquiste.

Photo sous licence Creative Commons, auteur Juarkord

Si cet appel me parait si important, c’est parce que je pense que l’indignation est nécessaire aux politiques de progrès humain, et en premier lieu la gauche et l’écologie politique.

Tout d’abord, s’il est préférable que la politique soit sensée et réfléchie, il est indispensable qu’elle reste aussi humaine. Or ce sont les sentiments qui font l’humanité. La politique a donc besoin de sentiments pour avancer, et l’indignation doit en faire partie.

Rappelons ensuite que le contraire de l’indignation, c’est la résignation, l’indifférence. Et on ne peut pas dire que ce soit des attitudes des plus positives. Face à l’injustice, l’indifférence est la pire des choses. C’est bien à cause de cette indifférence que certaines injustices peuvent justement perdurer.

L’indignation, c’est le refus. Et face à des situation inacceptables, le refus est la seule des réactions possibles. Accepter l’inacceptable, s’est s’en rendre complice. Ne pas s’indigner de ce qui est indigne, c’est manquer soi-même de dignité.

Revenons aussi sur l’histoire de nos mouvements, leur naissance, les faits marquants. Qu’il s’agisse de la gauche, de la défense des droits humains, de l’écologie politique, et même du mouvement breton tel qu’il existe aujourd’hui, c’est bel et bien l’indignation qui représente à la fois leur origine et leur moteur.

Si personne ne s’était indigné du sort des prolétaires au XIXème siècle, la gauche, le socialisme, le communisme n’existeraient pas. Il n’y aurait que de la droite. Si au lendemain du naufrage de l’Amoco Cadiz ou de l’accident de Tchernobyl nous ne nous étions pas indignés, où en serait l’écologie politique aujourd’hui. C’est bien parce que l’humanité était indignée par les actes des nazis au sortir de la deuxième guerre mondiale que la déclaration universelle des droits humains fut possible.

Sans l’indignation, la politique ne serait que de la gestion. Sans l’indignation, la politique ne serait qu’un truc de notables et de fonctionnaires. Sans l’indignation, la politique ne serait en aucun cas une affaire de citoyens. Sans l’indignation, la démocratie représentative n’existerait sans-doute pas, et je ne parle même pas des autres formes de démocratie.

Et au regard de ce que je viens d’écrire, quand j’observe la politique telle qu’elle se présente souvent, je me dit que nous aurions bien besoin d’un peu plus d’indignation. Car trop souvent, la politique s’avère n’être que de la gestion et un truc de notables et de fonctionnaires. Et si la politique n’est pas suffisamment une affaire de citoyens, c’est peut-être en partie parce que ceux-ci ne s’indignent pas assez.

Mais l’indignation n’est pas suffisante.

Il est possible de passer toute sa vie à s’indigner, dans le fond de son fauteuil devant sa télé, bien assis devant son ordinateur, ou derrière les vitres d’un car. Mais cela à t-il un sens ? Si nous nous indignons sans agir pour faire changer les choses, cette indignation est tout simplement vaine, futile et stérile. S’indigner c’est bien, mais il faut aussi agir.

Il est possible d’agir après s’être indigné. Descendre dans la rue et faire du bruit en criant bien fort et en tapant sur des casseroles, envoyer des dizaines de tweets par jour et écrire de beaux articles sur son blog, occuper des bâtiments administratifs et se confronter aux CRS. Mais tout cela va-t-il servir à quelque chose s’il n’y a pas un minimum de réflexion derrière.

Nous avons déjà parlé des indignés espagnol et d’Occupy Wall Street. Ce sont de bon exemples d’indignation qui n’ont servi à rien. Ces mouvement ont mobilisé des centaines de milliers de personnes, ils ont ébranlé leurs pays respectifs et il en a été question un peu partout dans le monde. Ces mouvement ont existé pendant plusieurs mois et dans de nombreux endroits.

Et finalement, qu’en est-il sorti de concret ? Absolument rien. Alors qu’ils devaient changer le monde et apporter la révolution, ces mouvement n’ont rien inventé, aucun nouveau système social, économique ou démocratique.

Non seulement ces mouvement n’ont rien apporté, mais en plus ils n’ont rien changé, au contraire. En Espagne, ils ont facilité le retour de la droite. Aux Etats-Unis, « républicains » et « démocrates » (qui rappelons-le, sont deux partis de droite) continuent à truster les voix et les postes.

Et bien sur, le système économique qui nous a amené dans la crise que nous connaissons actuellement est toujours aussi bien en place. S’il n’y avait pas eu ses mouvements, cela n’aurait sans-doute rien changé.

Faire changer les choses.

Si l’indignation n’est pas suffisante, c’est parce qu’elle n’est que la première étape d’un long processus. S’indigner, c’est refuser l’inacceptable, c’est vouloir que les choses changent. Mais une fois que nous avons décidé de faire changer les choses il va bien falloir réfléchir pour savoir comment s’y prendre.

Déjà, il faut bien savoir ce qu’il faut changer. Donc il faut comprendre, étudier et analyser la situation. Cela permet aussi de repérer les brèches et les points faibles. Connaitre son adversaire disait Sun Tzu (dans l’Art de la guerre).

Ensuite, il faut présenter des alternatives. Ce n’est pas tout de dire que la situation doit changer, mais par quoi faut-il la remplacer ? Il faut donc proposer des solutions, établir des modèles, construire des systèmes. En un mot : être constructif.

Enfin, il faut prévoir une stratégie. S’attaquer au système bille en tête sans savoir comment on va procéder, c’est la meilleure façon de se planter.

En écrivant cela, je me rends compte que j’ai déjà écrit un article sur le sujet : Radical et pragmatique.

Toujours est-il que pour moi, une politique de changement doit s’appuyer sur le triptyque indignation, réflexion, action. Si un des trois manque, ça ne peut pas marcher.

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Un nouveau blog pour l’UDB Jeunes

C’est avec pas mal de nostalgie mais aussi de satisfaction que je fais cette annonce du nouveau blog de l’UDB Jeunes. Nostalgie, car c’est moi et mon camarade Arnaud qui avions mis en ligne le précédent blog voila bientôt six ans. Satisfaction, car les jeunes de l’UDB ont, eux aussi, choisi le système de gestion de contenus libre qu’est WordPress.

Le précédent blog était sou Over-blog. Oui, je sais, ce n’est franchement pas terrible. A l’époque, nous n’avions pas les compétence en informatique que nous avons maintenant et nous avions choisi la simplicité. Cela fait un petit moment que ce blog montrait ses limites, n’évoluait plus et devenait de plus en plus désuet. Il était temps de changer.

Les jeunes voulaient aussi garder leur indépendance vis à vis du site de l’UDB, ce que je comprend tout à fait. Mais si la technique et le design sont complètement différents, ce nouveau blog reste quand-même dans la continuité de précédent. Quand un blog marche bien et a une longue histoire, il ne faut pas tout rompre.

Bon, maintenant, ce tout nouveau blog n’est pas encore bien référencé. Il faut lui faire de la pub. C’est un peu l’objectif de cet article. Alors, allez-y, visitez le, et diffusez l’adresse sur le net et les réseaux sociaux.

Voila l’adresse http://udbjeunes.com/

 

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